|

Les bien-aimés
Dédié à Jean-François
Nul ne tarirait la rivière d'amour
Car elle s'écoule de coeurs en coeurs que blanc
Se couchant tout rouge à l'horizon de ce rêve
Deux beaux anges terrestres que nul ne comprend
Quand à leur folie se livrent pour poétiser
Le Mal dont l'Homme se réjouit à gogo
En prenant pour beauté le grand corbeau plumé
Quant à moi le Pauvre Poète mal inspiré
J'ai connu nombreux nauffragés sur ses berges
L'erreur qu'ils avaient commises était très bête
Car ils ne savaient point nager de leur coeur
De mauvais rameur sans âme amoureuse
Ne les plaignez! c'est ce que le ciel a donné
Demain la vie sera là pour les initier
La rivière d'amour n'embarque jamais tout
Le monde qui se précipite à être aimé
Car l'amour ce feu doux sans flamme qui luit
Au profond de l'être aimé avant tout être aimant
Sait lire entre les lignes des coeurs de sa mantie
Gare à celui que le rêve pousse à aimer
Sans savoir que l'amour fut un bon don .
|