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Par un de ces matins brumeux que connait
Le Sud de l'Angleterre lorsque la mer exhale
Un village isolé se réveillait bien mal
De l'étang revenait un grand homme qui pleurait
Son corps par le labeur avait été forgé
Et son coeur asseché par une vie trop brutale
Mais il fut brisé et libéra ses larmes
En voyant une mariée, flottant sur l'eau, noyée.
La belle fut ramenée jusque en ville, puis laissée
Sur une table noire, offerte aux visages hâves
dont les regards arrachent (au lèvres, presque, la bave)
De ce cadavre blanc la sublime beauté
La foule s'éparpille et chacun rentre chez soi
Seuls autour de la table, le grand homme, le croque-mort
Assis la sans rien dire, entre eux deux qui a tort
De ne pas laisser l'autre faire ce qu'il doit
Le lendemain au soir tout le comté est là
Les histoires courent vite, et chacun s'est fait fort
D'assister à l'enterrement de la mariée qui dort
Le croque-mort baisse la tête, fait craquer ses dix doigts
Il avait décidé après mûre réflexion
de garder enterré le troublant secret, qui,
seul, avait suffit à emporter la vie
de la vierge glaçée en une dernière action
En préparant la pauvre pour la triste réception
Il choisit tout de même d'examiner son corps
Et bondit! Une fois enlevé le funeste décor
La belle mariée noyée est en fait un garçon.
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