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Le temps s’écoule et l’Homme sans cesse
Rumine son passé et s’en glorifie.
Exposant au soleil qui les sanctifie
Les souvenirs témoins de sa hardiesse.
Il chante au vent ses guerres ternies,
Les combats illustres dans les champs fumants
Où s’éparpillaient les cavaliers et leur jument,
Les airs de victoire quand tout est fini.
Il porte encore aux nues les saintes estocades.
Quand, souvent, pour le salut de son âme,
Dans le cœur de l’impur, il plongeait sa lame
Puis devant les foules vaincues, faisait la parade.
Sur le terreau souillé des ères passées
Ne poussent que les fleurs de la haine.
L’histoire soufflant sur nous sa fétide haleine
Corrompt nos cœurs des peurs ressassées.
Quand enfin se désagrègera l’ultime pierre
De ce mur devant lequel on se lamente
La paix, comme une divine amante
Epousera-t-elle enfin les fils de la terre ?
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