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L'oiseau blessé qui chante
Au creux de ta mémoire
N'a plus beaucoup de nuits
Pour tomber dans l'oubli...
Les jours passent et se vident
Dans un étranglement,
Des odeurs et des cris
Portés par un torrent
Se changent alors en rêve.
C'est beau la vie rêvée
Plus beau que la réelle
Qui nous plie à son gré
Tel un roseau soumis...
Nos sabliers se creusent
Et nous n'y pouvons rien.
Une musique heureuse
Nous console un moment,
Nos chiens de compagnie
Sont des liens de détresse,
Nos jardins tout fleuris
Préparent la tristesse,
Nos mouchoirs agités
Prennent des airs de fête.
Il faut bien se plonger
Tout entier dans la quête
D'un oubli calculé,
Il faut bien caresser
D'une main éloquente
Ce futur qui nous tue,
Ce futur qui nous hante
A force de promesses
Non tenues....
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