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Pensées d’une plume fatiguée.
Je pense, soudain,
A tous ces mots perdus
Oubliés, dans un bruyant silence,
A ces phrases fourbues,
Epuisées par trop d’errance.
A cette plume fatiguée,
D’exclamations calculées,
De virgules amères et de points suspendus.
Osera t elle sans crainte, braver l’inconnu,
Pour, enfin respirer,
Enfin ses chaînes briser ?
La liberté a un prix, le mépris.
Celui des orgueilleux, des aigris.
Plus, elle est combattante,
Plus, elle est flamboyante !
Elle ne m’appartient pas,
Mais, mes rimes me l’offrent,
Surgissant çà et là,
Au détour d’une strophe.
Tes mots sont là !
Arides, à force de pleurer,
Couverts de cette hideuse hypocrisie
Couleur vert de gris.
Tes mots sont là !
Témoins du temps et de la vérité
Etendards ensanglantés,
D’une certaine idée de l’humanité.
L’humanité, parlons-en !
De ces rêves détruits à coup de canon.
De l’autre qui compte,
S’il apporte un acompte.
On brûle ton âme pour une religion,
Trahissant son frère pour une addition.
Le temps nous manque, lui dit on !
Mais pourquoi lui construire une prison ?
Tes mots sont là, mon amie !
Plantés au cœur de la vie.
Plus forts que tous les guerriers,
De ces batailles, toujours dernières.
Plus solides que tous les piliers,
De ces édifices de pierres,
Ou les hommes chantent leurs Dieux,
Ou les hommes se croient pieux !
Je pense, soudain,
A tous ces mots galvaudés et meurtris.
Prononcés, tant de fois,
Comme un secret que l’on confie !
Puis, jetés aux mauvais vents.
Ces vents, d’un « croyez en moi »,
Vertueux et bien pensant.
Je pense, soudain,
Aux phrases de ces trop beaux discours,
Griffonnées pour une tendre basse-cour,
Adeptes des grands soirs,
Ceux ou l’on renouvelle l’espoir
Afin d’éviter un naufrage,
Dans un prochain suffrage.
Un jour , par tristes horizons
Les mots nous jugeront !
Vincent
« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)
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