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Je vis
Dans les ghettos sombres du cauchemar
Avec mes larmes étalées sur du verre
Fondu par une noiceur teintée d'un bleu trop dur
Je mange la fumée horrible des murs délaissés
Sous le froid insensible et mort
Des ravisseurs insouciants et intransigeants
Je me heurte le coeur contre l'encrier
De l'espace bleuâtre des nuits nerveuses et denses
Et les lunes se déferlent sur mon front trop glacé
Puis, Je me camoufle en loups sauvages
Dans le couloir des pas perdus des mers
Ecumant sur la surface des panses contrariées
Par la faim du midi obscurci
Et le ton insouciant des flots demesures
Me jette dans la gehenne des audiences criminelles
Pourtant
Rein ne m'est plus cinglant voire plus aberrant
Que ces lumières boueuses qui me bouchent
Et le coeur
Et les yeux
Et l'esprit
Et s'il me restait quelques lieux
A parcourir, enfin ... hélas !
J'aurais préféré me rendre tout droit
Vers celui qui m'avait commissionné
Oh !
C'est trop sombre .
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