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Froids sont les mots !

le vendredi 08 décembre 2006, à 23:11. Posté par Vincent


Froids sont les mots !

Juste un mot sur le frigo.
« Ne m’attends pas, ne m’attends plus ! »
Je ne comprends pas, je ne comprends plus !
Comme ils sont froids ces mots !

J’avais dix ans,
Les rêves d’un gamin,
Qui avalerait le monde,
Pour le soleil d’un printemps,
Pour les guirlandes d’un sapin.
J’avais dix ans,
Les jeux d’un gamin,
Comme Thierry La Fronde,
Courir les bois et les sentiers
Oubliant, ses travaux d’écolier.
J’étais sale, tout «crotté ! »
Les genoux écorchés,
Des grenouilles plein les poches.
Dans ma matinée insouciante, rieuse,
Elle m’apparut sous le porche,
Etrange, mystérieuse.
De blanc vêtu, au teint de poupée,
Belle, comme une aube, aux milles éclats de rosée.
Je devais être, vraiment idiot,
Figé là, dans mes gros godillots !
Nous allions être voisins,
Ici, rue des Jasmins.

Séparés par une clôture,
Bien vite, franchie,
De la cueillette des mures,
A nos cours de chimie,
Les années passèrent,
Entre rires et chansons,
Toujours à l’unisson.
Sous le soleil d’un bel été
Le frisson d’un premier baiser.
Nous avions quinze ans !
Des rêves d’adolescents,
Faits de tendresse, de rébellion,
De poésie et de passion.
Des salles obscures,
Accueillaient nos premières caresses,
Découverte pure,
Tout en maladresse.
Un grand lit de blé mur, te vit pleurer,
Quand « femme », tu fus révélée !

De ma vie d’homme,
Il me fallait faire la somme,
De tes envies, de mes désirs.
Une addition de nos avenirs.
Construire, chaque jour,
Sans trêves ni détours.
N’être soi même, qu’à travers l’autre,
Pour l’autre,
Jusqu’aux limites du temps,
Des larmes et des faux-semblants.
On aime parce que l’on se cherche
Et non parce que l’on se trouve.
Les sentiments s’assèchent ;
La morale s’installe et réprouve.
On cherche, alors ailleurs,
Ce qui nous fait peur.
On cherche ailleurs, un autre paysage
Un autre visage.
Un autre univers, un autre temps,
Comme un destin tortueux cheminant,
Entre les certitudes d’hier et le présent.
Chaque jour devenant comédie
Chaque paresse, hypocrisie.
Je ne me supporte plus
Je me torture, je me tue !
Je manque d’air !
Je ne sais que me taire.
Le silence est mon ami.
Disputant au vent de la verte campagne
Le linceul de l’oubli.
Ma plume, une triste compagne,
Gémissante, à l’encre fade,
Griffonne mes pensées malades.
J’attends !
Sur le quai de mes regrets,
Je ne sais qui,
Je ne sais quoi ?
Mon pire ennemi,
Peut être moi ?
Je partage encore ce soir,
Quelques rimes dérisoires.
Une ivresse de papier,
Se consumant dans un cendrier.

Juste un mot sur le frigo.
« Ne m’attends pas, ne m’attends plus ! »
La vie chante faux !
Il pleut sur ce qui n’est plus !

Vincent




« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
... le samedi 09 décembre 2006, à 00:35
Froids sont tes mots à nous donner des frissons ! Même emplis de tristesse, tes mots sont à consommer sans modération... Merci

marylou 02 (missy) le samedi 09 décembre 2006, à 08:25
bonjour souvenirs quand tu nous tiens et oui et à la lecture un frisson c'est le froid ou l'émotion lollllllllllllllllllllllll bisoussssssssssssssssssssssssss

... le samedi 09 décembre 2006, à 09:38
à consommer sans modération c'est formidable

Kat02 le samedi 09 décembre 2006, à 11:56
Dix ans ! l'insouciance, les jeux et Thierry La Fronde tout un monde ! Et puis l'amour qui vient frapper, tu rencontres ta jolie poupée que tu vas aimer, premiers frissons que tu n'oublieras jamais. J'ai comme l'impression que l'oeuvre du temps à recouvert tout cela d'un grand froid, pour en arriver à lire ce petit mot sur le frigo, aujourd'hui il pleut sur ce qui n'est plus ! Bravo pour tes mots toujours aussi émouvants. Amitiés Vincent.

Paulette le dimanche 10 décembre 2006, à 20:20
Très bien et très émouvant ; bravo à toi vincent. Bises;paulette

Taj le mardi 12 décembre 2006, à 12:50
Bonjour l'Ami!

.... le mardi 12 décembre 2006, à 22:35
Continues d'écrire pour notre plus grand plaisir, tes mots eux ne sont jamais " froids " !!!!

Almostakbil le mercredi 13 décembre 2006, à 21:25
Des mots froids mais géants:sur le quai des regrets, un ennemi peut être moi. Un grand travail j'apprécie bcp.Amitié

lovifly le jeudi 14 décembre 2006, à 11:44
tellement d'emotions de tristesse c'est si fort ce que tu vien de nous faire partagé la toute mes filicitations amitié lovifly

Marie * le jeudi 21 décembre 2006, à 04:48
Poignant mais si bien exprimer, le froid n'emporte pas tout les jours s'en vonts mais rien ne s'arrête rien ne s'oublie . Bisous

chrissette le jeudi 21 décembre 2006, à 11:57
Je reste sans mots...sinon, poésie reste!

rimailleur alias patrick le vendredi 29 décembre 2006, à 15:13
le plaisir des mots,sur une vie un fardeau,une plume un radeau,mais écrits par tes maux cela me donne froid dans le dos.Honneur à toi poéteà la plume si facile,à l'encre si agile.une belle harmonie t'habille

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