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Le feu et la vie
Les braises du foyer soufflent, s’éveillent, crient
Attisées par le vent, la pinède gémit,
Le genêt mordoré crépite flamboyant,
Les fruits du beau jardin explosent en mourant,
Les pommes des grands pins jaillissent épuisées,
L’herbe sèche se tord dans l’allée dévastée,
Le romarin bleuté s’envole en fumée,
La fontaine vomit l’eau fraîche de l’été.
Demain, dans la garrigue, des cendres surgiront
Les pousses de l’amour pour une autre saison
Et les grands chênes verts redonneront des fruits
Pour fournir au sanglier l’aliment de la vie.
Le temps effacera les traces de brûlures
Que le feu a laissées au cours de l’aventure,
La mémoire dira qu’ici, il y a longtemps,
Des hommes ont vaincu la mort par des printemps
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