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L’idiot et les notables…
Il n’était pas futé, moche et plutôt balourd,
Il ne parlait jamais et n’avait pas d’humour
Il était l’idiot du village et tous se moquaient bien de lui
Et de ses enfantillages sans que ces rires ne l’ennuient…
Il avait une qualité
Il savait très bien compter
Aussi était-il employé
Dans les fêtes du comté
Bénévol’ment cela s’entend
A encaisser l’argent des gens
Qu’il comptait et recomptait
Jusqu’au moment du bilan…
Il ne voyait rien des spectacles
« Ils » le mettaient à l’écart
Pour qu’il ne fasse pas obstacle
Aux bien-pensants goguenards…
Se tenait là, assis, béat,
A compter ses petits tas
A classer ses grosse liasses
Ignorant la populace.
Jusqu’au jour où…
Trois notables du village décidèrent d’organiser
Une fête gigantesque durant plus de quarante jours
Ils flattèrent donc le « benêt » pour qu’il se mette à l’ouvrage
« Tiens les comptes » lui dirent-ils « nous te paierons en retour
Avec notre gratitude ainsi qu’une belle image »
Le « benêt » se mit au travail
Durant quarante jours et nuits
Encaissa pièces et billets
Sans même regagner son bercail
Se nourrissant de fins biscuits
Ainsi que de quelques beignets.
Il abandonna le sommeil
Pour veiller à son précieux bien
N’ayant jamais vu tant d’oseille
Durant sa vie de bon chrétien.
Le moment des comptes venus
Les notables très impatients
De récolter le beau trésor
En quarante jours amassé…
Se rendirent d’un pas vaillant
Chez le gardien de leur argent
Forte fût leur déconvenue
Lorsqu’ils trouvèrent la cage vide
Sans l’argent et sans l’ingénu !
Ils pensèrent alors au suicide…
A quelque temps de là,
Ils reçurent une missive
Qui les laissa benoît !
Le « benêt » dans sa valise
Avait mis le beau trésor
L’oiseau s’était envolé
Jusqu’aux îles des Açores
Où il vivait en rentier…
Les villageois ainsi dupés
Prirent la chose avec humour
Car depuis dans le comté
Trois idiots de plus les entourent…
Moralité
Lorsque le « benêt » vola et s’envola avec le trésor les villageois décidèrent que toute peine méritait un salaire... ce fût la fin du bénévolat…
On a beau être chrétien, on n’en est pas crétin pour autant
Naej décembre 2006
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