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 Elle prit ma main,
Je sus alors que j’étais vivant.
Mais j’appris le froid de ses absences,
Puis la chaleur de ses retours,
Quand son corps, entre mes mains,
Abandonné et frémissant,
Volupté dénuée de toute conscience,
Offrait à ma bouche, ses plus beaux atours.
Il n’y avait plus de lendemain.
Nous possédions le présent,
Absorbant de l’amour toutes ses essences,
Passant de la raison à la folie tour à tour.
Reflet de son miroir sans tain,
J’étais l’aventurier de ce moment.
Se hissant, la où naissent ses jambes et ses sens,
Décidé à toutes raisons, se rendre sourd.
Seul pouvait rivaliser, au bord de ses seins,
Le vertige qui naît au bord du néant.
Et tel un combattant glorieux, abandonnant toute défense,
Je cédais à l’ultime accomplissement de l’amour.
Puis elle lâchait ma main,
Emplissant mon cœur de vent,
Cinglant et glacé, comme la sentence
D’une peine sans recours.
Denis F.
Décembre 2OO6
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