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J’étais encore un enfant lorsque je t’ai rencontrée,
On se voyait en cachette, loin des regards indiscrets,
Je devenais un géant face aux copains médusés,
Qui devant notre amourette me témoignaient du respect.
Et je grandis doucement tu ne quittais pas ma main,
Je devins l’adolescent qui par toi se sentait bien,
Tout au fil de ces années, je ne t’ai jamais trahie,
Toute ma fidélité t’avait faite à moi unie.
Tu étais mon assurance quand le courage me manquait,
Tu avais de l’importance ma vie de toi dépendait,
Et si un jour la colère, s’en venait à m’emporter,
Tu me soufflais des chimères qui aussitôt m’apaisaient.
Et puis le autres m’ont dit que tu te moquais de moi,
Que tu m’avais pris ma vie, en t’imposant sous mon toi,
Et qu’un jour tu ruinerais, celui que j’avais été,
En restant à mon chevais, pour mieux me voir m’enterrer.
Alors je t’ai refoulée, ne voulant plus sous mes doigts,
Te sentir te réchauffer, quand je déposais sur toi,
Mes lèvres qui te goûtaient et qui t’embrasaient sans fin,
Quand ton corps se consumait tout en détruisant le mien.
Mais tu as su t’imposer, de toi j’étais dépendant,
Chaque foi que je luttais, tu m’attirais doucement,
Tu m’as pourri les entrailles et tu m’as volé ma vie,
Engendré mes funérailles… Saleté de tabagie.
©Stéphane Borrell Sabam 2006
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