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Le hasard a voulu que je ne vous rencontrasse.
Ni au coin d’une rue ni au fil du temps qui passe,
Mais si en inconnu en vos ôtes je n’ai ma place,
Moi je sais la vertu des génies de votre race.
Au travers d’un métier vous viviez dedans l’audace,
Et de vos vérités, vous saviez dessous les strasses,
Nous les faire partager sans renoncer aux extases
De la célébrité de votre noble tignasse.
Et toujours résolu à marquer de votre trace,
Vous voliez vers le but, vous moquant bien des impasses ;
En jouant les rebus, vous prôniez de mille grâces,
Par la chaire repus, loin des tables des rapaces.
D’un langage châtié, vous saviez rendre fugace,
Chaque mot déposé, par votre verbe loquace,
Et sans nulle vanité, vous aviez de Montparnasse,
L’aspect et la beauté mais offert en dédicace.
Si le hasard voulut qu’un jour je vous rencontrasse,
Je vous aurais dit « tu » encouragé dans l’audace,
Car vous n’auriez voulu m’ombrager de votre trace,
Vos mains seraient tendues, vos clins d’oeils seraient fugaces.
Hélas vous n’êtes plus, seule demeure l’encre noire,
Ne vous ayant connu qu’au travers de votre histoire.
Je resterai confus, éclairé de votre gloire,
Si Philippe a vécut… Noiret vogue en ma mémoire.
En un mot comme en cent voici pour vous l’hommage,
Que mérite le talent d’un homme dont le ramage,
Est celui d’un enfant au cœur pur et très sage,
Vous êtes au firmament, au-delà des nuages.
©Stéphane Borrell Sabam 2006
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