|
Le soleil se reflète dans son iris doré,
Animant son regard d’une lueur de braise
Le fauve qui halète a déjà repéré,
La proie qui sans hasard quittera sa genèse.
Elle se couvre au vent qui brûle la savane,
Emportant avec lui son ultime fragrance,
De son masque puissant elle défie les arcanes,
Qui à son appétit donnera délivrance.
Elle dépose une patte enfonçant ses coussins
S’en qu’un son ne s’échappe des cette herbe roussie,
Ses babines écarlates répètent le refrain,
Qui s’en viendra abattre la victime ébahie.
De sa langue qui passe elle peut goûter le sel,
Qui glisse sur la peau de la frêle gazelle,
Par l’air qu’elle ressasse, aux volutes charnelles,
Elle mesure le flot de la vie qui ruisselle.
Soudain elle se détend arrachant à la terre,
La croûte qui crépite sous ses griffes tranchantes,
Elle feule en fondant de son poids de panthère,
Prend le cou qui palpite sous l’étreinte sanglante.
Et la vie qui s’étire en ruisseaux jugulaires
S’évade doucement de la bête affalée,
Elle s’en ira nourrir les petits que la mère,
Délaissa un instant pour s’en aller chasser.
©Stéphane Borrell Sabam 2007
|