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Un petit jardinier cultivait l’héritage pérennisant ainsi la parcelle démembrée
D’un vieux cultivateur désertant les rivages, d’un patrimoine acquis tout au long des années.
De la terre ancestrale qui couvrait des hectares, il ne demeurait plus qu’un lopin esseulé,
Il y sema des fleurs aux multiples nectars, créant un univers tout petit mais varié.
Il partit en voyage afin de découvrir, s’il était d’autres lieux fait de pollens nouveaux,
Cherchant à engendrer une espèce et offrir de nouvelles couleurs aux flancs de ses coteaux.
Aux long des son périple il trouva un hameau où un pépiniériste gardait en ses rayons,
Deux boutures à greffer de ses propres rameaux, qui seraient l’améthyste d’un nouvel horizon.
Les plantes étaient chétives, il fut désemparé, il dut pour sa culture fabriquer l’expérience,
Il chercha aux archives de sa vie passée, à combler l’inculture d’une incomplète enfance.
Mais le cultivateur qui était son aïeul, l’avait quitté trop tôt emportant ses secrets,
Laissant son successeur découvrir par lui seul, comment sans quiproquos accomplir ses projets.
Aidé là, dans sa tâche par le pépiniériste, ils composèrent à deux la structure chimique,
D’un humus dont l’usage n’était pas sans le risque, d’offrir un sol rugueux quoique étant organique.
Mais à force d’apprendre de leurs frêles boutures, ils surent élaborer un humus adéquat,
Et elles purent s’étendre, dévoilant la ramure, arborant des bouquets insoupçonnés, parfois.
Elles grandirent si fort, qu’il fallut leur rechercher, un terrain où pourraient s’étendre leurs racines,
Comme des chercheurs d’or, nos humbles jardiniers, recherchèrent l’écrin de leurs fleurs enfantines.
Mais c’est sur l’étendue de ce nouveau terroir qu’ils se perdirent de vue, ne voyant l’horizon,
Qu’en une île perdue, mirage du miroir, où chacun se retire en sa propre maison.
Alors le jardinier dépassé par l’ampleur de sa propriété ne put plus assumer,
La culture engendrée à ses heures de bonheur, il dut se séparer de ses deux protégés.
Et c’est en pot que vivent les chétives vivaces, dans une terre riche mais au soleil caché,
En franchissant des rives, pour un moment fugace, il peut choyer sans triche ses plantes adorées.
Jardinier, jardinières, vous les paysagistes d’un univers créé du sang de votre sang,
Sachez garder la terre, ne prenez pas le risque, de vous perdre au revers de vos rêves trop grands.
Sachez qu’un arbrisseau, a besoin de soleil pour réchauffer ses feuilles et fleurir ses bougeons,
Mais ne soyez pas sot, car au creux du désert, le soleil peut brûler les ramures et les troncs.
©Stéphane Borrell Sabam 2006
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