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Il en a mis bien du temps pour en brisant sa coquille,
Savoir lire à l’orient l’aube du soleil qui brille,
De ses pattes maladroites, il a exploré son nid,
D’une audace d’acrobate, il dit bonjour à la vie.
Il se nourrit sans effort de la pitance apparue,
Simplement en criant fort, il se retrouve repu,
Le duvet qu’il affectionne, le protège du frimas,
Son petit corps se façonne d’un plumage d’apparat.
Puis emporté par la brise son univers se dévoile,
Seul, il découvre à sa guise, la profondeur de la toile,
Il prend un peu de hauteur, voit par-delà l’horizon,
La merveille et la couleur émanant d’autres régions.
C’est en oiseau migrateur qu’il suit la belle saison,
Oubliant ses géniteurs et le toit de sa maison,
Il ne connaît de ce monde que la chaleur de l’été,
Entraîné dans cette ronde qui est sa réalité,
Mais un jour dans un nuage il se retrouve entouré,
D’autres espèces sauvages qui n’ont plus de charité,
Chacun va d’un coup d’épaule le refouler de la manne,
Le plus fort va voler l’autre de sa substance vitale.
Il ne sait jouer des ailes car on lui a trop donné,
Il se retrouve bien frêle, là où il faut mériter,
Il se souvient de sa mère qui se sacrifiant pour lui,
L’a plongé dans la misère en le couvant dans son nid.
N’entretenons pas la terre de cervelles de moineaux,
En les couvant de chimères, en les couvrant de cadeaux,
Car ici tout se mérite et le respect n’est d’usage,
Que pour celui qui gravite sous le poids de son courage.
©Stéphane Borrell Sabam 2006
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