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La main tendue et le front bas, il ne peut plus dresser l’échine,
Les yeux perdus dans l’au-delà, il sait que son cœur se ravine,
Déchu au rang des « traînes misère » il se rappelle mais en vain,
De celui qu’il était hier, bien avant de savoir la faim.
Devant ce monde d’injustice il ne peut plus que s’insurger,
Il crie, il pleur et il persiste, mais aucun ne veut l’écouter,
Il fait partie des statistiques que les nantis ont tolérées,
Soit il se bat, soit il abdique, mais nul ne se sent concerné.
Pourtant il avait des amis, avant d’être interdit bancaire,
Il avait consacré sa vie, tout sacrifié à sa carrière,
Mais trop bon il coûtait trop cher à l’entreprise en extension,
Qui le souffla comme une poussière un jour de restructuration.
Emprisonné par ses crédits qui se moquent bien du chômage,
Il a dû repenser sa vie, renoncer à ses avantages,
Mais si les banques avaient du cœur, elles ne feraient pas de millions,
Au détriment des débiteurs qui se bercent encore d’illusion.
Et voilà comment en ce jour à l’addition des sans abris,
Un nouvel ôte prend son tour et laisse s’échapper sa vie,
Il en aura ému plus d’un sur les trottoirs ou sous les ponts,
Mais quand arrivera demain personne ne saura plus son nom.
©Stéphane Borrell Sabam 2006
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