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Le temps
Les mots s’effeuillent sur le papier jauni
Par le temps trépassé qui s’égrène impoli,
Sans proposer aux êtres, aux choses de la vie,
Le droit d’éternité entre ses mains saisi.
Il s’étale en longueur, interminables allées,
Au-delà de la terre, des roches épuisées,
Il va, mais qui est-il ce compagnon fugace,
Grain de sable furtif, douleur qui agace ?
Rien, impalpable, subtil, tantôt bleu, tantôt gris,
Un gouffre insondable, une vue de l’esprit,
Un repère incertain, un marqueur sur la plage,
Le vent qui nous ennuie, celui qui pose l’âge,
Parfois je me retourne, crois le saisir au vol,
Mais non, il est passé, il m’a cloué au sol,
Sans me dire : « tu vois je vais venir, aller »
Si vite qu’on l’oublie et l’on est au passé
Et quand le soir venu, la vie éteint la flamme
Je me dis : « toi, l’ami, elle coupe ta lame,
Trop vite et trop bien, sans qu’on ne sente rien »
Et il a fait son œuvre le temps doux, le vaurien
AE 070147
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