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Non, laisse-moi en paix, ils sont mes freres, je les aime
Ils sont mes compagnons de routes fatidiques, le fil dur
De la robe de mon coeur enchevetre de magie
De peines, de miseres, de tractations de toutes sortes
Quand le froid gourmand des lumieres sombres
Me barre sur le sentier mystique des reves sadiques
C'est a eux que je me refere pour degourdir ma crampe
Et le teint fievreux de mes blessures, et la fontaine amere
De mes constats faits aux couloirs fantastiques et brefs
De l'avarice assourdissant des vautours, et des dieux
Perdus dans l'espace ambiant de grandeurs hysteriques
Ils sont mes freres d'armes, des collegues au coeur sensible
Tremplin pour surmonter l'audacieuse rampe de l'amour
Voila en tout ce qu'ils sont pour moi, ces braves dont tu refuses
A mon coeur d'aimer comme le sang de sa nature, de son etre
Oui, ils sont effectivement l'autre moitie de moi-meme
Comme le ciel l'est pour la terre et la terre pour la mer
Et comme la mer pour les etoiles et le tout pour la vie
Quand le vertige m'impregne ils sont le clairin qui me ressuscite
De la mort sans nom et sans visage; oui ils sont l'espoir
De ma requete teintee de sang reconciliateur, de sang aimant
Le foire perpetuel de mes pensees, de mes defaites, de mes victoires
Les sentinelles veillant sur le muscle de mes larmes incessantes
Les mentors du regne infini de l'amour pur, vrai et net
Ils sont les amants de la marbre glacee de mes miseres
Les justiciers de ma demeure violee, obstruee, bifurquee, calcinee
Les geants pour un monde de paix, d'amour et de courage
Ils sont l'ame de mon monde a cheval, de mes nuits decousues
Le nectar calmant mon coeur sous l'inconscience des haines
Les temoins de mes phrases estropiees sur des feuilles pleurantes
Humiliees, vilipendees, releguees dans la nuit opaque de l'oubli
Ils sont moi et meme plus moi que la sueur de mes deux paumes
Rien ne saura me separer d'eux ni oter ma plume de leur milieu
Ni ma voix autour des leurs ni mon ombre sous leurs empreintes
Il sont l'encre de la plume de ma vie
Ils sont moi, oui bien moi ... Mes poetes .
Frantz Le beau

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