|

Des mots de pluie
Si je n’avais plus d’ardoise pour t’écrire du coeur
Si ma plume n’avait plus d’encre à son encrier
C’est sur l’écorce d’un bouleau blanc
Qu’à l’eau de pluie, je viendrais t’écrire.
C’est avec le pinceau de mes cils que je peindrais
Les étoiles recueillies au fond de tes yeux.
Que j’y ferais de sa couleur d’orage toute une vague
Pour nous y prendre à l’abordage.
À ta pensée, j’ai des gouttes de pluie sur mes yeux,
J’ai des rêves plein les mains, plein les doigts.
Ses incomparables désirs effeuillés de frissons d’eau,
Comme un mot d’amour blottit au miroir de l’âme.
Si tu voulais bien écouter les soupirs des larmes
Et les soufflets de la pluie qui imitent les mots
Tu entendrais sur le pavé des rêves battre nos cœurs
À l’unisson des tambours du ciel jouant de sa symphonie.
Mon amour ne reste donc pas dans ces tissus de blancs silence
Qui tissent entre nos deux mains leurs fils de solitude.
Ne te perds pas dans les chemins de l’absence qui emprisonnent
Que des reflets d’ombres qui s’aimaient.
C’est pourquoi je t’écris à l’eau de pluie tous ses mots
Qu’emporteront autour du monde, les vagues.
Que le vent dans ses haltes d’orages et de tempêtes
Sèmera au gré du temps, le sablier trop plein de mes je t’aime.
Si je pouvais t’écrire de ces poussières d’étoiles,
Te dire combien les heures sans toi chagrinent le ciel noir
Et pleurent sans ces gouttes de pluie à rêver…
Si je pouvais te dire rien qu’une fois encore, combien je t’aime
©Janedeau du recueil: Mes rivages à tes pieds
|