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Mon fleuve, mon pays
Mon fleuve, mon pays, toi que nul n'apprivoise
Sur les sables mouvants tu t'étales à loisir
Comme femme alanguie après trop de plaisir
Ou te gonfles de pluie sous un ciel bleu ardoise.
Combien as tu compté sur tes berges sauvages
D'amoureux attirés par ta force tranquille,
De peines apaisées par les flots qui défilent?
Combien de souvenirs au fil de ton voyage?
Dis moi Loire rebelle à la fière élégance
Combien d'âmes perdues sont parties en lambeaux
En noyant leur chagrin au profond de tes eaux?
Accompagner ainsi à jamais tes errances,
Sombrer dans le courant près des rivages sombres,
J'en rêve quelquefois quand reviennent mes ombres.
Juliette
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