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C’est quand on a plus rien à dire,
Qu’on ressent le besoin de parler,
Car la page blanche est bien la pire,
Qu’un auteur ait à assumer.
Les mots qui défilaient encore hier,
Aux flots de mon inspiration,
Qui s’imposaient à moi en vers,
Se sont tari sans explication.
Je crois connaître malgré tout,
La raison de ce mutisme,
C’est ce virage qui tout à coup,
Me plonge dans le réalisme.
J’écrivais en alexandrins,
Souvent en rimes césurées,
Et la rigueur de mes quatrains,
M’empêchait de tout exprimer.
Pour un mot mis en synonyme,
D’un autre qui était plus juste,
Je pouvais conserver la rime,
Mais c’est le sens qui s’en offusque.
Alors je remets en question,
Cette façon que j’ai d’écrire,
La métaphore a ses raisons,
Mais le texte ne peut en souffrir.
Je ne compterai plus mes pieds,
Je dirai ce que j’ai à dire,
Et si ce style vous déplait,
Alors cessez simplement de me lire.
©Stéphane Borrell Sabam 2006
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