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Aux confins de ma peine je m’étais égaré,
Courtisant l’anathème de mes sombres pensées.
La cascade limpide d’où s’écoulaient mes pleurs,
Laissait mon cœur aride vidé de son ardeur.
Et je me complaisais au fond de mon abysse,
Imperméable était l’amertume propice,
Dont j’avais recouvert mes plus beaux sentiments,
Sous ce linceul de pierre je voilais mes tourments.
J’aurais pu demeuré ainsi seul et perdu,
Digérant la pitié, dont je m’étais repu,
Mais alors disparut sous l’acide des larmes,
Ce granit qui put être ma pierre tombale.
Cette perle de toi vint irriguer mon cœur,
Elle criait envers moi ta détresse et ta peur,
Elle se mit à couler comme un flot dans mes veines,
Et s’en vint éveiller ma conscience lointaine.
D’un coma d’égoïsme j’émergeai doucement,
Voyant que mon mutisme d’une lame en fer blanc,
Venait de poignarder ton amour en plein cœur,
Il aurait succombé au joug de mes erreurs.
Alors je te criais implorant ton pardon,
Que de toi je souffrais muré dans le donjon,
Je voulais sa grisaille, éloignée de tes yeux,
Craignant qu’il ne t’entaille de ses moellons rugueux.
Mais je sais maintenant qu’au pays de l’amour,
Il n’est d’autres tourments que ceux cachés un jour,
Qui pourraient du silence tuer à petit feu,
La si belle confiance qui nous lie tous les deux.
Je n’aurai désormais pour toi que vérité,
Jamais je n’oublierai combien tu peux m’aimer,
Et je n’aurai de cesse de vouloir te prouver,
Que d’amour et tendresse je saurai te combler.
©Stéphane Borrell Sabam 2006
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