Aux bords de tes yeux

 

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Le grand couloir.

le dimanche 21 janvier 2007, à 18:40. Posté par Vincent


«Il n’importe pas qu’un être soit croyant ou non : il est plus important qu’il soit bon.»
( Dalaï Lama )

Le grand couloir.

Il me fallait entrer.
Par ce grand couloir,
Interminable et froid.
Chaque mot s’y envole,
Chaque pas y résonne.
Des frissons m’envahirent !
Il me fallait, pourtant rire !
Tu marchais, prés de moi,
Ton foulard de soi,
Comme ultime rempart,
Un dernier au revoir, sur le quai de ma gare.

J’entrais en maladie,
Comme on part en errance.
Qu’importe la souffrance,
Quant tout est en sursis.
La vérité n’est qu’un masque chirurgical,
Devenant, chaque jour plus que banal.
Le monde réduit à une chambre,
Ou s’installe une envie, se pendre !
On s’excuse, alors d’un sourire,
Perdu au bord d’un improbable devenir,
De la fatigue qui vous assaille,
De la mort qui ronge vos entrailles.

Les mots deviennent labyrinthe,
Le hasard pleuré, une étreinte.
On gomme, on efface.
Le bonheur n’a plus de traces.
La lumière du jour est un autre demain,
La nuit, les ombres se font artisans,
Des instants de douleurs, ou l’on cherche une main,
Le corps saigne sa peur, l’esprit se ment.
On oublie sa mémoire,
On brûle ses espoirs.
Mes yeux se ferment, doucement.
Me reste t il un peu de temps ?
Puis je encore m’inventer un hier,
Avant que mon cœur n’aille dessous la pierre ?

Il commence comme cela…..

J’ai attrapé aux vents,
ton foulard de soi.
Aux parfums d’orient,
Et couleurs rêvées.
Un petit bout de toi,
Au hasard envolé.
J’ai attrapé aux vents,
Quelques larmes déguisées,
D’un amour d’antan,
Dessus ta joue, glissées.
Je mets dans une boite,
Tous ces tendres souvenirs,
Avant qu’ils ne s’effacent,
A la brise d’un avenir.
Ils sont les miens,
J’en serais donc le gardien.
Comme le coffre de mon enfance
Ou billes, dessins, couleurs et rubans
S’entassaient en abondance,
Pour y défier le temps....................................

Vincent



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commentaires ( 10 ) (Ajouter un commentaire)
Paulette le dimanche 21 janvier 2007, à 20:15
vincent prend soin de toi; je t'embrasse l'ami. Paulette

kat02 le dimanche 21 janvier 2007, à 20:34
J’ai froid aussi lorsque je lis ton poème. Le titre déjà : Le grand couloir ! La rencontre du monde médical liée à cette peur de la maladie. Impossible de rebrousser chemin, et se retrouver seul dans cette chambre rongé par l'angoisse, et l'envie de mettre fin à sa vie. Mais il y a l’amour de " l’autre " qui ne te lâche pas la main au moment où tu en as le plus besoin, un chapitre de ta vie qui avec le temps deviennent de tendres souvenirs, enfermés dans une boîte dont toi seul en sera le gardien. Alors comme Paulette l'écrit, je te le dis aussi, prends soin de toi Vincent. Amitié

Marie (Battementd'elle) le dimanche 21 janvier 2007, à 21:17
Un grand couloir, impersonnel, sans couleur, sans chaleur ... Un couloir où s'égrènent les pas et les douleurs ... Une chambre qui devient son univers, pâle univers où la lumière d'espoir a bien du mal à percer les ombres des doutes, des peurs et des solitudes. Et pourtant, quoiqu'il en soit, on se raccroche à des parfums d'hier, à des "couleurs révées", à une main, une tendresse, une larme de rire, à tous ces moments qui sont les siens et que l'on garde, précieux, comme un enfant caressant son coffre à trésors ... "Pour y défier le temps", pour un souffle d'avenir. Plus qu'émouvant, ce poème, Vincent... Tes yeux se ferment : "il commence comme cela ...", au hasard envolé, dans une boîte enfermé, à un demain libéré ;-)). Gros bisous. Marie.

Ivydall le dimanche 21 janvier 2007, à 22:16
Bonsoir Vincent, merci d'abord de t'être arreté sur mon site et pour tes encouragements.Maitenant je ne sais pas quelles sont tes croyancesmais j'aimerais te citer un vers d'un chant que j'ai composé ily un bout de temps. Dieu te dit"Paix, mon enfant, ne crains plus le lendemain. Même quand tout te semble noir,rappelle-toi que j'ai tout pouvoir; car à la croix, j'ai vaincu même la mort!

... le dimanche 21 janvier 2007, à 23:16
un sourire, un peu de réconfort à travers nos mots, c'est bien peu car tu nous donnes tant à travers tes textes alors saches juste que nous sommes là...

Marie * le lundi 22 janvier 2007, à 10:00
Dans ses moments là tous les couloirs se ressembles la peur est aussi présente. Tout a été dis, prend soin de toi . Bisous

mtcatala le lundi 22 janvier 2007, à 19:08
bonsoir Vincent,je découvre ce texte qui me laisse un souvenir douloureux ,celui de mon mari qui a traversé avec courage combien de couloirs allant d'hôpitaux en cliniques,des murs si froids ,des peurs atroces ,je l'accompagnais partout,nous avons traversé tout ça main dans la main,malheureusement il était trop tard pour lui,mais toi je sui certaine que tu t'en sortiras,surtout prends soin de toi!!! courage et gros bisous de m-thé

vs591 le lundi 22 janvier 2007, à 22:43
Merci à vous toutes et vous tous ! il y a une boite à souvenirs qu'il m'arrive de réouvrir. Des douleurs toujours présentes .Ma chance, les mots , encore les mots ! Ces mots que l'on hurlent parce que l'on a mal , ces mots que l'on murmurent parce que l'aime ! Je vous en prie mumurer ces mots à en devenir sourd ! Que la compassion et le bonheur vous guident ! vincent

Naeja le mardi 23 janvier 2007, à 17:38
Aux mots invisibles, impalpables qui traversent sans pouvoir être retranscris sur les écrans noirs de nos nuits blanches, ou déposés sur les écrans blancs de nos nuits noires. Il fallait déposer ces mots en ces lieux Amitiés http://www.mespoemes.net/naeja

Aube (La source aux mille et une voix) le vendredi 26 janvier 2007, à 19:54
Bouleversant ! oui, défier le temps... Bisous, mon cher Vincent. Aube

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