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La marée était en noir…
Une vaste étendue de sable blanc,
Des milliards de diamants
Scintillent dans le soleil levant.
Une mer calme et paisible, d’huile…
Des enfants courent, agiles
Poursuivant d’espiègles huitriers-pie
Picorant ça et là d’exquis
Morceaux de nacres,
Qu’ils délaissent par instant
En de brèves envolées de nuages noirs et blancs
Dans le ciel bleu pastel…
*
Au loin, l’ombre d’un tanker
Se profile sur l’horizon au large des Glénan
Pas assez loin pourtant…
*
L’eau monte lentement effaçant sur le sable
Les traces de la nuit, souillures éphémères,
Qui reviendront demain pour s’en aller encore
Dans le lent va et vient du régulier ressac…
Le son d’une cloche d’église
Portée par la brise marine
Annonce que bientôt
Deux êtres vont s’unir
El le son par la brise emporté
Vole au dessus des vagues
Annoncer la nouvelle.
*
Au loin, l’ombre d’un tanker
Se rapproche des Iles
Et frôle les récifs…
*
Le temps se couvre un peu
Le ciel s’habille de gris
Quelques gouttes de pluie
Se mêlent à l’océan
Et les vagues se gonflent
En se parant d’écume…
*
Un craquement soudain
Comme un coup de tonnerre
Eclate !
Un grondement sourd
Une gerbe bouillonnante
Recouvre l’horizon…
*
Au loin, l’ombre d’un tanker
Lentement dans les flots
S’enfonce à l’agonie…
*
La surface océane impuissante
Revêt en un instant ses oripeaux de deuil
Du bleu passé au gris elle est souillée de noir
Cloaque immonde et puant
Se déverse en furie
Ombre de la mort pour tous ces innocents…
*
Envolez vous élégants Cormorans !
Criez cette infamie sur tous les océans
Avant de vous plonger dans cette mer d’huile
Et d’engluer vos ailes à la folie humaine
Allez jusqu’à l’église du petit port de pêche
Crier à la promise de remettre ses vœux
A des jours plus cléments
Dites lui qu’aujourd’hui et pour longtemps encore
Que la marée, hélas, est habillée de noir…
*
Au loin, l’ombre de la mort
Etend son manteau noir
Et la mer se meurt…
*
Naej janvier 2007
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