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De longues années sont passés. A marcher sur une frontière fragile, à hésiter entre l'abysse et le zenith... Funambule incertain, attiré par la chute, par l'inconnu qui se dessine au-dessous. Pour une seconde, défier les peurs, aller au-delà du monde connu.
Jeter un oeil sur ce qui se dessine là-bas, parmis les silhouettes animées et distantes, qui peuplent les angoisses et les phobies. Façon de dominer ce qui hante les nuits, d'aller au plus près des Ombres, pour ne plus avoir peur...
Alors, j'ai voyagé jusqu'aux Rives Noires. J'ai pu lire des partitions noircies. J'ai pu sentir l'âcre parfum du Sombre, voir les paysages gris du redouté... Sentiment de force, d'immunité, un mirage d'invulnerabilité. Une illusion sans doute, car au retour, je me suis senti plus que jamais fragilisé...
De longues années sont passées
Au creux des Ombres
Blotti dans des bras sans Amour
J'y ai oublié la Beauté du jour
La douceur de caresses en nombres
Tant d'années sont passées...
Passé à côté d'un essentiel
Estimé inaccessible
Mon soleil s'est construit sans Amour
Près d'une place où l'Art dansait alentour
Une âme vide et pourtant sensible
Aux bleus infinis du ciel...
De trop longues années sont passées. Trop de temps perdu. Comment ignorer la delicatesse de cette nécessité, la sensibilité de tes gestes aériens? Le jour est venu où rien d'autre ne comptera plus... Que la douceur de toi, la légèreté de ton âme, l'éclat de tes yeux d'enfant, la folie qui danse dans tes cheveux, les sorts dessinés par tes mains, les chants sublimés par ta voix, ce qui émane de Toi, ton air comme ça, cette façon que tu as... D'être.
Alors, une autre voie se dessine, l'alternative au néant, un univers de bleus coloré, illuminé d'outremer, marine, prusse, azur, ciel, profond, cyan, primaire et surtout...Celui de tes yeux. Loin des illusions, un voyage que j'espère sans retour, auprès de ce qui fait de moi, un coeur de Lumières, à l'image du jour.
De longues années passeront
Au creux de Toi
Blotti dans une âme d'Amour
J'oublierais ces sombres jours
Où l'esprit fut Roi
Des Terres de Corruption
Passé près de tes cieux
J'ai gardé les cicatrices
D'un idéal, un instant, pour toujours,
Où les pensées s'épanouissent à l'Amour
Porté par les vents propices
Aux Délices murmurés de tes yeux.
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