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Le poème
Aurais-je sous mes yeux ma fausse conception
Que l'Art sans intuition est corps sans coeur qui bat?
De son ciel la science voit clair le monde bas.
Le savant s'ingénie aimant sa perception.
La poésie d'un rimeur peu versificateur,
S'amuse sans muse de sa plume se trompe,
Avalanches d'encre où l'oreille se trempe,
Le vers pleurant l'erreur d'un intrus saboteur.
l'Art sans fond se dément tel ce lézard sur sable
Qui dessine des traits pauvres sans esprit ni âme...
Le vers, qui ne blesse, que mon être réclame,
Me fascine d'émois de son spectre pensable!
Tout mot est d'un poids lourd que taille le talent
Du poète qui, s'usant de secrets, juxtapose
Ses mots pensants du coeur où son âme repose.
Poème naît douloureux, enfant de son relent!
Le poème est ce miroir! osons donc nous y voir!
La psyché de l'homme sera partout la même,
Des passions sauvages et d'autres où tout s'aime.
Le vers est un cristal, lumières du savoir!
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