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Quand voguent les voiliers aux bouches des estuaires,
C’est enclins d’appréhension entre le fleuve et la mer.
Entre rives encaissées et eaux libres sans frontières,
Ils suivent l’hésitation que les marées leur suggèrent.
Ils s’affèrent à la remonte comme on revient chez sa mère,
Mais empruntent le jusant quand leurs ailes se libèrent,
Ils n’ont pourtant pas de honte face aux lagunes côtières,
Qui leur tendent un mouchoir blanc, pour un adieu éphémère.
La sirène le sait bien, elle leur chante sa prière,
Les dirige vers les passes qui des doigts touchent la mer,
La caresse des embruns les enlace de mystères,
Et leurs voiles alors amassent une brise printanière.
Escorté de goélands, ils s’éloignent de ces terres,
Un sillage de souvenirs qui s’étale loin derrière,
Laisse l’ombre de l’enfant qui rêvait encore hier,
Regarder vers l’avenir, oser l’âme aventurière.
Emportés par l’océan, par ses reflets de lumière,
Ils découvrent que le bleu, peut évoquer le désert,
Ils naviguent nonchalants, ignorants les lois amères,
Qu’une tempête des cieux, fait régner dans ses colères.
Alors pris au dépourvu, ils en appellent au père,
L’accusant de tous les maux, qui rugissent en cet enfer,
Et les forces du reflux, les repoussent en arrière,
Les rejettent de leurs flots auprès de zones côtières.
Alors sache matelot, que pour affronter la mer,
Il vaut mieux être cargo, qu’un esquif fait de misère,
L’expérience des sanglots, qui s’écoule des paupières,
Peut donner à ton bateau, l’assurance des croisières.
©Stéphane Borrell Sabam 2007
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