|
Quand l’aube se dessine en écartant la nuit,
Le vieil homme s’étire et descend sans un bruit,
Il s’assoit à la table que son arrière aïeul,
A conçut de ses mains et lissée comme un seuil.
Il pose devant lui le couteau de son père,
Prend le pain qu’il bénit comme il l’avait vu faire,
Il en tranche un quignon, le mélange à sa soupe,
Sans un bruit, sans un son, il va se mettre en route.
La porte de ses gonds pleure son arrivée,
Il respire et se fond dans le décor de l’atelier,
Ses merrains, ses douelles, vont enfin livrer leur secret,
Il les aime ses belles il les travaille avec respect.
Ses grosses mains calleuses maîtrisent les outils,
Où son emprunte creuse la longue ligne de sa vie,
La barrique finie, il saura la signer,
De cette lame fine qu’il manie avec respect.
Le tonnelier s’enivre des tanins qui dans son fût,
Laissera le vin vivre, se bonifier naître un grand cru.
Alors le jour viendra où dans la pénombre d’un chaix,
Le vin s’envolera enrichi de tous ces secrets.
©Stéphane Borrell Sabam 2007
|