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La Haineuse…
Elle vomit ses mots sur du papier recyclé
Le cerveau embrumé par les vapeurs d’alcool,
Elle crache son désespoir sans jamais sourciller,
Sur les trottoirs du monde sans pitié elle racole.
Elle jouit des vomissures, qu’elle délivre à l’envi,
Cueillies dans les ruisseaux, pêchées dans les égouts.
Elle n’aime pas le monde, et encore moins les gens,
Leurs petitesses, leurs étroitesses, leurs faiblesses…
Elle dépose ses maux sur du papier bouilli
Puis, épuisée par sa haine, elle s’effondre à genoux
Et lève un doigt au ciel dans un geste insolent,
Insulte tous les Dieux telle une pécheresse
Et boit et boit encore pour oublier de vivre…
Elle démasque les fées qu’elle transforme en sorcières
Pour s’expurger des contes d’une enfance exécrée,
Elle haït la petite fille qui lui parle à l’oreille
Dans ses rêves la nuit : libres sont ses frontières.
Elle a crevé les yeux de ses poupées d’enfance
Par honte qu’elles puissent voir ce qu’elle est devenue,
Elle erre dans les rues vides de son âme perdue
Répandant les souillures d’une innocence bafouée,
Délaissée des lumières, oubliée du soleil,
Elle n’entend que les bruits et rêve des silences.
Usée par ce cancer qui lui ronge les veines,
Refusant d’être aimée, répudiant la pitié,
D’un élan impudique vers une image vaine
Elle soulève ses jupes, pisse sur l’humanité
Debout sur la planète elle se sent enfin vivre…
Naej février 2007
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