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BOIRE A LA SOURCE DES MOTS

le lundi 05 février 2007, à 16:19. Posté par patrick


    Je veux boire à la source des mots
    Ceux au son bleu et qui calment les maux
    Rangés dans un casier au fond de la mémoire
    Des années d'enfance, bien passées, sans histoire

    Infinis souvenirs d'un cerveau en resurgence
    Pensionnaires de l'esprit en pleine renaissance
    Toutes ces années passées, aucune moisissure
    Des détails oubliés, encore c'est pas si sûr

    Les premières années de vie, quand le gosse se fuit
    Qu'il n'accepte pas grand chose, aucune mesquinerie
    Qu'il refuse sa condition, ou simplement sa vie
    Se disant qu'il n'a pas tiré le bon numéro à la loterie

    Je veux boire à la source de mes pensées
    D'une école communale, habillé de pavés
    C'était dans ces années où la France se reconstruisait
    Et que chaque homme, à sa porte, du travail avait

    Une vie en plein air, bue à pleine lampée
    Des vacances à la ferme, bottes de blé glanées
    Ces années innondées de lumière à innoculer
    Dans le coeur de nos gosses et leur foutu télé réalité

    L'insolence des temps présent, ou chacun injurie
    Les médias, les politiques, les gourous des partis
    Faire un pas en arrière, vouloir tout effacer
    Ce retrouver hier, en short hiver comme été

    Bercés par la mémoire, indugente et fertile
    Je remonte mon histoire, juste au pied d'un terril
    Impétueuses années sans aucune brutalité
    Faut dire qu'après la guerre, chacun voulait aimer

    Tant de souvenances dans ce cartable en cuir
    Fabriqué dans le village par un maître bourrelier
    Loin des sacs de toile Spiderman Potter ou DDP
    Faut dire qu'à cette époque, c'était fait pour durer

    Quatre tartines, chaque matin beurrées
    Autour d'un bon bol de café au lait
    Une paire de souliers chaque jour cirés
    Il fallait être propre et papa y tenait

    Beaucoup d'éclats de rire, et puis quelques tristesses
    C'est le meilleur souvenir, toutes ces années
    Que du bonheur à dire, sans aucune bassesse
    Pleins de fois quatre saisons des heures sur un clocher

    Tous ces beaux souvenirs que je croyais perdus
    Ces gosses qui chahutent au quatre coins de la rue
    Clichés instantanés qui remontent le courant
    D'une mémoire d'homme qui voudrait être enfant

    On oublie trop vite au jour des temps présent
    Faut dire ça va si vite que de bouleversements
    Je suis déjà grand-père de deux petits garçons
    Et tant mieux s'ils retournent toute la maison

    Et pour calmer ces petits hyper actifs
    Quoi de mieux qu'une histoire vécue il y a longtemps
    Ma foi de ces récits il s'en font friands
    Et me disent papy, toi aussi tu es brigand

    J'irai boire encore à la source des mots
    Mon encre n'est pas frileuse, elle n'a pas ce défaut
    Laisser quelque chose de mes années soixante
    Vécues dans le bonheur au règne de l'insoucience

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
ct570 le lundi 05 février 2007, à 23:08
C'est vraiment le genre de poème que j'apprécie. Nostalgie, nostalgie !!! On oublie jamais son enfance et ses jours heureux. Je me suis retrouvée dans certains passages. Amitiés Patrick et au plaisir de te lire encore. Catherine

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