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Je veux boire à la source des mots
Ceux au son bleu et qui calment les maux
Rangés dans un casier au fond de la mémoire
Des années d'enfance, bien passées, sans histoire
Infinis souvenirs d'un cerveau en resurgence
Pensionnaires de l'esprit en pleine renaissance
Toutes ces années passées, aucune moisissure
Des détails oubliés, encore c'est pas si sûr
Les premières années de vie, quand le gosse se fuit
Qu'il n'accepte pas grand chose, aucune mesquinerie
Qu'il refuse sa condition, ou simplement sa vie
Se disant qu'il n'a pas tiré le bon numéro à la loterie
Je veux boire à la source de mes pensées
D'une école communale, habillé de pavés
C'était dans ces années où la France se reconstruisait
Et que chaque homme, à sa porte, du travail avait
Une vie en plein air, bue à pleine lampée
Des vacances à la ferme, bottes de blé glanées
Ces années innondées de lumière à innoculer
Dans le coeur de nos gosses et leur foutu télé réalité
L'insolence des temps présent, ou chacun injurie
Les médias, les politiques, les gourous des partis
Faire un pas en arrière, vouloir tout effacer
Ce retrouver hier, en short hiver comme été
Bercés par la mémoire, indugente et fertile
Je remonte mon histoire, juste au pied d'un terril
Impétueuses années sans aucune brutalité
Faut dire qu'après la guerre, chacun voulait aimer
Tant de souvenances dans ce cartable en cuir
Fabriqué dans le village par un maître bourrelier
Loin des sacs de toile Spiderman Potter ou DDP
Faut dire qu'à cette époque, c'était fait pour durer
Quatre tartines, chaque matin beurrées
Autour d'un bon bol de café au lait
Une paire de souliers chaque jour cirés
Il fallait être propre et papa y tenait
Beaucoup d'éclats de rire, et puis quelques tristesses
C'est le meilleur souvenir, toutes ces années
Que du bonheur à dire, sans aucune bassesse
Pleins de fois quatre saisons des heures sur un clocher
Tous ces beaux souvenirs que je croyais perdus
Ces gosses qui chahutent au quatre coins de la rue
Clichés instantanés qui remontent le courant
D'une mémoire d'homme qui voudrait être enfant
On oublie trop vite au jour des temps présent
Faut dire ça va si vite que de bouleversements
Je suis déjà grand-père de deux petits garçons
Et tant mieux s'ils retournent toute la maison
Et pour calmer ces petits hyper actifs
Quoi de mieux qu'une histoire vécue il y a longtemps
Ma foi de ces récits il s'en font friands
Et me disent papy, toi aussi tu es brigand
J'irai boire encore à la source des mots
Mon encre n'est pas frileuse, elle n'a pas ce défaut
Laisser quelque chose de mes années soixante
Vécues dans le bonheur au règne de l'insoucience
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