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Je veux oublier mes heures de méditation
Quand je m'enfermais dans la réflexion.
je veux oublier l'école et ses punitions
tous les anciens copains, et les récréations
je veux oublier mes étés de culottes courtes
Si loin mes hivers froids de petit braconnier
Et tout ces Noëls de gosse pas bien né
Sans jouet et ces flots de larmes séchées.
Je veux oublier mes rêves de fausse Byzance
Perdues,évacuées,richesse et opulence
Déchirés tous ces songes de splendeur
Asséchées mes dernières flaques de bonheur
Je veux oublier toutes ces fêtes sans jouets
oublier aussi l'ennui de certains étés
Que se taise la cloche bourdonnante de l'église
Où se sont enfermés bon nombre de mes dimanche
Je veux oublier le son de la voix des gens
Entendus dans mon coron il y a si longtemps
Oubliés et perdus dans une belle région
Paroles et songes de petit garçon
Je veux oublier tous ces rires joyeux
Sortis de dessous les toits d'anciens voisins
Quant fêtes et communions les rendaient heureux
Nous, on en était que de biens tristes témoins
Je veux oublier le mot argent,tellement entendu
A tel point manquant, qu'en pleurait Maman
Je veux oublier la forme de toutes ces factures
Qui déclenchaient toujours des vagues d'injure
Je veux oublier les brumes de lointaines aurores
Où je m'enfermais sur moi, sur fond de solitude
Je veux oublier le cri glacial d'une agonie
Quand cette nuit là, la vieille est partie
Je veux oublier cette pièce, comme en aumône jetée
Par cette vilaine tante, qui parfois venait
oublier, ses allures de riche à la tête fardée
Et surtout cet air autun qu'elle nous imposait
Je veux oublier cette école grise et communale
Des brassées de belles images, et tout ces bons-points
Que fièrement un gosse de pauvre tenait à la main
Il travaillait bien mieux que ses bourgeois de copains
Je veux oublier ces gamines qui me montraient du doigt
Parce que les pantalons on les reprisait chez moi
Parce que le mot mode on ne le connaissait pas
Oublier ces petites garces et leurs rires aux éclats
Je veux oublier cette robe d'enfant de choeur
Et les paroles de ce curé qui faisait trop peur
Les habits de deuil,et les parures de fleurs
Et ces quelques sous que j'arborais chichement
Je veux oublier ces jours où l'on fête les Mamans
Où je pleurais la nuit parce que je n'avais pas d'argent
Mais on lui offrait tant de baisers ardents
De l'amour glissait en perles de ses yeux brillants
Je veux oublier l'usine où mon Père s'est usé
Ces heures supplémentaires que chaque jour il faisait
Toujours avant l'aurore, chaque jour il partait
Six jours par semaine, et puis toujours à pied
Je veux oublier cette haine qui naissait en ses yeux
Quand les jours de paye il maudissait les Dieux
Je veux oublier l'immense beauté de son jardin
Où chaque soir et les dimanche il s'y saignait les mains
Je veux oublier toutes ces années d'injustice
Où un à un tous les espoirs se tarissent
Quant déjà écrivait un tout petit enfant
Toutes les souffrrances qui divisent les gens
Je veux oublier toutes les femmes de notre cité
Qui très souvent par simple élan de solidarité
De la viande ,de l'épicerie ou des habits,donnaient
Bien loin des mesquineries ou des arrière pensées
Pas besoin des médias,pas besoin des télés
Pour savoir où et quand il faut donner
Les restos du coeur ont toujours existés
Et cela ma foi je ne l'oublierai JAMAIS
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