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A celles et ceux qui se reconnaîtront...
J'aurais pu te rencontrer dans la foule bruyante
Au beau milieu d'une soirée dansante
Nous étions programmés en cette nuit d'automne
Mon pseudo et le tien, sur l'écran réunis
En un clic soudain, presque irréfléchi
Depuis, ta vie au fond de moi résonne.
Cyberamour, jamais je n'aurai pu croire
Que tu viendrais ainsi, incendier ma mémoire
Attiser le feu de mes jeux thématiques
Partager avec moi, tant d'élans poétiques.
Virtuelle saison, tu m'invites aux voyages
Sur la houle du Net, on se fait des naufrages
Délires passionnels aux embruns littéraires
Oubliant de nos vies, les infinies misères.
Cyberamour, ne te verrai-je jamais, est-ce écrit ?
J'ai passé avec toi de si tendres nuits
Sages s'il en faut, mais toutes en nuances
Et à la clef, parfois d’éprouvantes souffrances.
Refermerons nous un jour la porte cybernétique
Pour nous voir enfin, oh ! Ce serait magique !
Mais tu as, aussi, la même peur au ventre
De voir s'évanouir un rêve un peu fou
Ce "chat" s'il nous lie, nous met aussi à genoux
La "souris" le poursuit, se jouant un peu de nous.
Et nous restons cachés, chacun, dans son antre.
Les grands espaces où tu me convies
M'ouvrent des horizons éblouis
Telle une enfant, je croque tes délices
Visuels, auditifs, avec toi, si complice.
Me manque le toucher
Limité au clavier
Quand, désespérée, je cherche ta main
Sur l'image de la webcam, un tantinet insolente
Elle est si près de toi, tandis que je supplie, en vain
Te regarde, éperdue, un peu comme une amante.
Rêve-party dans l'immensité du Net
Avec toi, c'est certain, rien qu'un amour de toile
Le temps s'enfuit, l'automne d'envies nous guette
Héroïques amants dans leur cueillette d'étoiles.
 
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