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La rêveuse
Ô cet oeil où se meurt comme dans l'océan
Ton rêve d'un sommeil de prunelle fragile
Ta pâle paupière fut sous peine docile.
Que rêve délavé suspendu au Néant!
Ton songe s'émousse dans sa forêt fleurie
De chimères folles, tes lèvres se déchaînent,
Le baiser se tarit et le givre s'incarne!
Aucun sang dans ton coeur victime de tuerie...
Tu t'observes sans foi, tu mires, tu revois
La vie séduisante, sa poitrine féconde!
Que tu te demandes pourquoi donc je gronde?
Je suis le reflet flou de mon faux désarroi!
Rêveuse souriante, ton oeil en vol se perd!
Ton beau corps allongé engorgé d'utopie
Repose doucement comme sa vraie copie.
Quel grain de beauté sur ton visage amer...
Ô soleil! réveille les rideaux de la dame!
Dormeuse sans matin survivant de ses rêves
Sort de son grand lit froid , dévêtant sa nuit brève!
Elle prend son miroir, découvre son vrai charme!
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