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Tandis que le soir creusait au ciel, d'imposantes carrières
Une baie au coeur des nuages, toute irradiée de lumière
Se dessinait sous mes yeux , tissée de franges orangées
Sur les flots bleus, un monstre marin, péniblement se traînait.
Des tortues aux carapaces nacrées, bousculées par le vent
Et des lézards brunâtres, terrifiés par l'incendie du couchant
Se faufilaient çà et là, entre les granits roses, évanescents
Que d'images superbes pour mon imaginaire, débordant !
Au bout de l'horizon, dans un carré d'une ouate brumeuse
Je devinais une barque, dérivant dans l'azur, vaporeuse
Pourrai-je sans t'irriter, te dire, à cet instant si pur
Comme j'aimais la vie, comme je t'aimais, ainsi silencieuse !
La nuit est tombée : plus rien au beau firmament ne reste
la nuit est tombée : du soleil-citron, plus rien que le zeste
Au bord de la fontaine sacrée, de mes pensées assoiffées,
Je me suis à loisir, rien que de toi, tellement désaltérée !

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