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Pourquoi faut-il que tout soit aussi compliqué ?
Nous nous disons tant de choses lorsque nos regards se croisent, mais il ne faut pas faire de bruit. Il faut tout se dire en silence.
Il faut faire attention, au scandale qui nous guette et qui voudrait tout détruire, au scandale qui ne comprend rien, au scandale qui est con comme tous ces gens qui nous gênent.
Chut… !
C’est tellement beau, mais nous ne sommes pas seuls.
C’est tellement beau, mais tellement difficile, que je me révolte et que je me révolte, et tant et tant que tout va exploser !
Pourquoi faut-il que tout soit aussi compliqué ?
Etre tout près, à côté, contre toi.
Avec toi, avec toi c’est merveilleux.
Employer les mots défendus avec générosité, les mots tabous, les mots dangereux.
Et merde, je prend le risque !
Des mots comme « toujours », comme « bonheur », comme « vie », comme « amour ».
Pas de calcul ! Je les lâche et tu les attrapes, et tâche d’en prendre soin et de bien les utiliser.
C’est moi qui les ai soufflés pour toi !
Je suis le souffleur de mots et c’est, hélas, un métier plein de compromis.
Il y a toujours plein de choses qu’on ne voudrait pas, et qui sont là.
Et un petit peu, un tout petit peu de ce qu’on aime.
Comme ça, on est sûr de ne pas gaspiller son amour à aimer n’importe quoi.
Il faut viser, et bien !
Je suis le souffleur qui souffle comme une locomotive à vapeur.
C’est que j’ai tellement de choses à dire et à souffler que je crains de mal le faire.
De quelle couleur est le bout du chemin ?
Vas-y, crache !
Tout est tellement compliqué, qu’à ce point-là tu peux bien venir aussi, et mettre tes grosses godasses dans la sauce, et puis, à tous les deux, on tâchera de voir ça.
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