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Dans de froides églises.

le lundi 26 février 2007, à 22:49. Posté par Vincent


Rien n'est plus dangereux au monde que la véritable ignorance et la stupidité consciencieuse
Martin Luther KING

Dans de froides églises.

Auprès de mon âme, je m’installe, soudain.
Je m’y repose, en pèlerin,
Cherchant un essentiel.
Une terre d’asile, de lait et de miel,
Ou l’humanité n’est pas un vain mot.
Ou humilité n’est pas un gros mot !
Il y a, dans les âmes grises,
Trop d’étranges sermons de froides églises,
Trop de rêves aux couleurs soumises,
Trop de haillons et d’idées en guenilles.
Trop de Bastille, aux révolutionnaires de pacotilles.
Le verbe ne suffit plus à combler les esprits,
On fait commerce de l’espoir,
De la charité et du devoir.
On se construit, ainsi l’image d’une conscience parfaite,
Versant de temps à autre, une larme distraite.

Auprès de mon âme, je m’installe soudain,
Que n’ai- je pris un autre chemin ?
Le monde me fait mal !
Il a choisi la folie des hommes,
La vérité entre dans la vie carcérale.
La compassion n’est qu’une feuille d’automne,
Tombée sur le sol, que l’hiver piétine,
Pour entendre son cri, il vous faut l’oreille fine
Je regarde l’autre, et ne m’y reconnais plus.
On ne crie plus au fou, mais l’invite à dîner,
Oubliant d’être soi pour quelques deniers de plus.

Auprès de mon âme, je m’installe soudain
Ma solitude étouffe mon chagrin.
Meme la pluie a ce goût amer,
De ceux à qui l’on demande de se taire.
La haine a changé de méthode,
Nous distillant chaque jour ses fausses vérités.
On les croit indispensables, si on n’a pas le code,
Comme les sables mouvants de l’oisiveté,
Engloutissant les remords de nos obésités.

Il nous reste l’amour, comme dernier charnier,
Ou le sentiment n’est plus qu’un été meurtrier.
Une raison de plus à ce monde bancal.
Que l’on croit justifier par un de ces sacrifices,
Faisant d’une caresse, cet ultime supplice.
Gavé de ces mots, qui n'ont plus aucun sens,
L’étreinte forcée est devenue un droit
On ne cherche plus à s'aimer,
Mais simplement à baiser,
Pour un plaisir sans innocence, mais inscrit dans la loi
Auprès de mon âme, je m’installe, soudain !
La tête entre les mains,
Je pleure et je crains !
Je crains que ce monde ait un autre destin,
Que celui du bonheur, par les Dieux annoncé.


Vincent

( Peinture de Françoise Régamey)

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commentaires ( 10 ) (Ajouter un commentaire)
Paulette le lundi 26 février 2007, à 23:18
j'aime beaucoup :amitiés:paulette

... le mardi 27 février 2007, à 00:02
Une force incroyable se dégage de tes mots, une émotion poignante et douce qui nous dépeint la triste réalité. Je partage ton sentiment et je me plais à garder mon côté "petite fille", ce p'tit bout d'innocence, de compassion et de simplicité... mais je garde espoir et je veux rêver que ce monde transpire un jour de bonheur... Bravo et merci

Kat02 le mardi 27 février 2007, à 00:09
Tu dresses un portrait de la société malheureusement très juste, qui s'appauvrit de jour en jour, en oubliant l'essentiel " l'humanité ' ! Beaucoup d'entre nous vont se retrouver dans tes mots, lorsque tu écris " le monde me fait mal " ! L’argent, le pouvoir… sont devenus rois sur cette planète balayant ainsi nos valeurs. Ces valeurs que l’on ne reconnaît plus. J’ose espérer en demain…. Bravo pour tes mots et l’émotion qui en découle. Amitié cher Vincent.

Simplelecteur le mardi 27 février 2007, à 11:14
Merci cher Vincent de ce délice de lecture,je ne sais,j'ai pensé à Rimbaud,mais cela est sûrement plus beau.Amitié.

Kertach Med le mardi 27 février 2007, à 11:18
Pardon cher Vincent,le précédent commentaire est le mien,j'ai confondu les adresses.Amitié.

Marie (Battementd'elle) le mercredi 28 février 2007, à 11:34
Quel bien amer constat, Vincent, où même réfugié solitaire, auprès de ton âme, tu ne sembles trouver ni l'essentiel, ni le repos, ni la sérénité ... Partout où tu t'attardes, ton ame semble écorchée : des illusions qui tombent, des valeurs méprisées, des fausses vérités, des rêves abandonnés, des sentiments galvaudés ... Plus de repères, tu pleures et tu crains, non sans raisons, tu souffres et tu cries, mais ne "balance" pas tout et surtout pas l'Amour ! Auprès de nos âmes, malgré tout, y'a toujours une petite flamme : si mince, soit-elle, il suffit de si peu parfois, pour la ranimer et la refaire briller...

Ivydall le mercredi 28 février 2007, à 21:59
J'ose ésperer chèr Vincent que ce n'est pas "Le bonheur est un voyage" qui t'a mis dans cet état; car ce n'était pas de tout le but. Amitié Ivydall

bliss le dimanche 04 mars 2007, à 11:28
Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce qui est passé.....La vie de l'homme dépend de sa volonté ; sans volonté, elle serait abandonnée au hasard Confucius......Vis, Aime!!!!!.

Plume immature le vendredi 09 mars 2007, à 14:50
WAW ! http://www.mespoemes.net/plumeimmature/

Uranie le jeudi 15 mars 2007, à 08:37
Un amer constat oui...je rejoins l'opinion de Marie , qui laisse cette lueur d'espoir , tout n'est peut être pas aussi noir que ce texte très fort ..Nos regards se contentent parfois de nos émotions du moment, et en cela je rejoins ton besoin de le crier Vincent ...et tu sais le faire avec beaucoup d'émotion.Amitié pour toi que je lis depuis longtemps, ailleurs qu'ici ;)

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