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Passage pas sage…
Il est venu sur notre toile au mitan de l’hiver,
S’est arrêté à la buvette pour y goûter les meilleures bières
Il a eu l’air de bien se plaire dans la cour de notre univers
Il a posé ses p’tites valises et la plupart de ses affaires…
Il a partagé nos délires en nous y ajoutant les siens
Nous a conté ses aventures, celle d’un fils musicien,
Nous a montré tous ses talents de photographe magicien
Il est même sorti de la toile pour voir si on existait bien…
Avec une tendre pudeur il nous a livré ses chagrins
Quelques mots posés doucement sur un parchemin
L’écho qu’il a reçut fût loin d’être anodin
Et puis un beau matin et les jours qui suivirent, plus rien…
Comme si nous n’étions que des poussières de temps
Des lumières entrouvertes l’espace d’un instant
Juste pour se poser, et puis se reposer d’un trop plein de tourments
Et reprendre son long chemin sans autre inconvénient…
Je ne sais où il est, je n’ sais plus qui il est…
Je voudrais juste lui dire, en passant, s’il te plaît
Sache que tes silences sont comme autant de plaies
Ouvertes par l’insouciance d’un douteux intérêt…
Car derrière le masque du clown qui fanfaronne
De cabrioles en gaudrioles et qui déconne
Se cache toujours un être humain une personne
Qui peut ne pas supporter les maldonnes…
Il y a en chacun d’entre nous un Petit Prince qui sommeille
Qui voudrait bien apprivoiser un Renard couleur miel
Méfions nous des liens que l’on crée qu’ils ne soient pas superficiels
Ils pourraient par de lourds nuages cacher à jamais nos soleils…
Naej printemps 2005
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