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L'air est rare et se fait trop lourd
L'ouragan germe aux différents horizons
Immences girons de noirceur qui gonflent au loin
Le vent siffle chargé de sable, de détritus et de papiers
Le soleil a disparu, le bleu est mué en nuages monstrueux
La voûte du ciel parait s'être écroulée, d'un coup
On ne voit qu'une tornade sulfureuse bondir, au fond de la vue
Ciel et mer ne font qu'un, distendus
Noirs et lugubres comme une angoisse
Des éclairs blêmissent, des lézardes de lumière
Allument ces étendues irréelles de mer
Livide qui fonce au galop à en écraser la digue.
Les houles se haussent et vomissent leur eau
Et blanchissent dans l'agitation croissante.
Les embarcations frémissent au choc des vents hurleurs.
Sur le rivage les flambloyants dépouillés
se courbent et pleurent sous la charge.
Branle le tonnerre dans ce crépitement d'éclairs
La côte entière s'écartèle et se tord de douleurs
Dans une immense brèche lumineuse.
on entend le grincement des cables des grues du port
Les feux d'orage crépitent tout au tour
Dans cet indescriptible labourage des ténèbres
Une profonde terreur descend du ciel chaotique
Mugissant en proie à tous les délires.
Derniers assauts de la saison des pluies
Et puis en moins de temps qu'il ne faut pour le dire
L'ouragan cesse ,aussi vite qu'il avait éclaté
Les éléments semblent conjurés et très vite
Par magie revient la pureté du bleu
Règne de nouveau l'audace du soleil et de l'azur
Bientôt des hommes couleur ébène
Surgirent de partout en essains de vie
Le temps reprenant sa place ici et là
Dans un bouillonnement humain incandescent.
DJIBOUTI MARS 1973
Souvenirs de Mataf belle école de la vie
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