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Ce matin de grisaille, dans un hebdomadaire
J’ai tourné une page, innocemment peut-être
Une photo alors a tiré mon regard
Et j’y ai vu des yeux que je cru reconnaître
Fouillant mes souvenirs, j’ai trouvé un sourire
Que je croyais oublié depuis bien longtemps
Comme un mot que la main n’ose pas réécrire
Ton visage fantôme ressurgit lentement
Comme sorti d’un rêve, d’un grenier de poussière,
Ton image en moi a ravivé bien des choses
Je croyais effacés tous ces instants d’hier
D’un passé révolu, d’une vie déjà close.
J’ai regardé tes traits, vieillis mais inchangés
Et j’ai souri d’une incontrôlable impulsion…
Revoyant dans tes yeux la lueur du passé
Je t’ai retrouvé, mon fantôme, ma raison
Un vide insoupçonné tout au fond de mon cœur
Creusé par ton absence, s’est alors refermé
Et j’ai senti les traces d’un ancien bonheur
Briser les chaînes que je leur avais scellées
Il m’a semblé que tout ce temps passé sans toi
Un retour en arrière, s’était soudain enfuit
Et le papier dans mes mains a prit soudain vie
Je t’ai vu devant moi comme la dernière fois
Tu as fait quelques pas et puis tu as souri
Un vieux sourire que je connaissais par cœur
Et j'ai contemplé sous mes yeux voilés de pleurs
Ta fugitive image emportée par la pluie.
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