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Après moi...
Juste avant le déluge qui viendra après moi,
A l'heure où la nuit s'évanouit de désepoir,
Je partirai seul et sans regret, et sans émoi,
Là où toutes les âmes sont grises dans le noir.
Sous la terre et les arbres, sous les pas des vivants,
Certains corps nourriront des fleurs, d'autres des orties,
Nombreux serviront de festin aux chacals bavant.
Ils attendent, étendus, la divine amnistie.
Consolé par ma haine et mes rêves de vengeance,
J'attendrai, l'éternité durant, la fin du monde,
De l'au-deça, ses illusions, sa répugnance
Et tout ce qui en fait un souvenir immonde.
J'attendrai sans bouger et le coeur grouillant de vers,
Le retour des eaux, le formidable tsunami,
La dérive de l'arche, la fin de l'univers,
La mort de ceux qui auraient pu être mes amis.
Ma patience craquera certainement un jour
Où les défunts occupés à savourer leur mort
Me tourneront le dos et je saurai pour toujours
Que ma folie ne trouvera jamais son port.
Et de ce pays où il n'y a pas de secrets,
Je verrai que les ondes par le dicton promises
N'envahiront pas ce monde que j'ai exécré.
Mon âme, ce jour-là, dormira enfin soumise.
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