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Du Mont János
Train des enfants grinçant sous le ciel de neige
Nez rouge et joues glacées.
L’ouest et décembre se sont estompés
Pour cette fois nous resterons ici.
Dans Buda
Les balcons crâneurs
Qui se penchent sur la rue
Contemplent le ballet, mais se tairont… Toujours…
Le vieux dans l’abribus
Regarde passer sa vie.
Tout est en place rien à redire…
Train des enfants grinçant sous le ciel de cendre
Nez rouge et joues glacées.
Le vent et les souvenirs se sont confondus
Pour cette fois nous resterons ici.
C’est dans Pest endormi qu’il me faudra marcher
Bibliothèque Ervin Szabó
Sous les lambris dorés, je cherche tes empreintes
En vain… Mutisme de la multitude…
Le vieux dans l’abribus soupire…
Une buée légère…
C’est à Kerepesi qu’il te faudra aller
Si tu veux lui parler…
Il ne répondra pas, il ne répond jamais…
Il dort depuis longtemps dans ce jardin fantasque
Au bord d’excentriques allées
Dans Buda
Les balcons crâneurs
Qui se penchent sur la rue
Ecoutent encore un temps les accords de Franz, et se tairont… Longtemps…
Le vieux dans l’abribus
Relis tes mots sculptés… Face au mutisme de la multitude
Attila József… Arpenteur du sensible.
Train des enfants grinçant sous le ciel de neige
Nez rouge et joues glacées.
L’ouest et décembre se sont envolés
Pour cette année, nous partirons d’ici…
Pascal9
http://leschroniquesduhoutland.hautetfort.com/
Note de Collectif
à propos du poète hongrois Attila Jözsef (1905 -1937)
"Un cœur pur renversé sous les rails de la vie"
Quelques extraits :
"Je ne veux qu'un lecteur pour mes poèmes :
Celui qui me connaît - celui qui m'aime -
Et, comme moi dans le vide voguant,
Voit l'avenir inscrit dans le présent.
Car lui seul a pu, toute patience,
Donner une forme humaine au silence"
***
"Seul peut devenir un homme, celui
qui est orphelin de coeur et de corps,
qui sait que la vie déposée en lui
est un simple supplément à la mort."
***
Ode
"je suis assis
sur ce mur de rochers qui luit.
Vole autour
le tendre vent de l’été juvénile
comme la chaleur d’une bonne soupe.
Je laisse mon cœur croître enivré dans le silence,
ce n’est pas si difficile,
-le passé flotte autour de moi-
la tête s’incline
et la main pend vers le bas.
Je contemple la crinière des montagnes,
chaque feuille reflète l’éclat
de ton front.
La route est vide, vide.
Maintenant je peux voir
comment le vent fait voleter ta jupe
sous les branches
fragiles de l’arbre.
je vois une boucle de tes cheveux
s’incliner vers l’avant
tes seins si doux frissonner
-comme le fleuve Szina sous nos pieds s’en va au loin-
A nouveau je vois fixement
comment les ondulations de l’eau en rondes de blancs galets
font sortir de ta bouche le rire de fée."
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