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Du Mont Janos (Pascal9)

le dimanche 15 avril 2007, à 09:50. Posté par COLLECTIF (auteur : Pascal9)



Du Mont János


Train des enfants grinçant sous le ciel de neige
Nez rouge et joues glacées.
L’ouest et décembre se sont estompés
Pour cette fois nous resterons ici.

Dans Buda
Les balcons crâneurs
Qui se penchent sur la rue
Contemplent le ballet, mais se tairont… Toujours…
Le vieux dans l’abribus
Regarde passer sa vie.
Tout est en place rien à redire…

Train des enfants grinçant sous le ciel de cendre
Nez rouge et joues glacées.
Le vent et les souvenirs se sont confondus
Pour cette fois nous resterons ici.

C’est dans Pest endormi qu’il me faudra marcher
Bibliothèque Ervin Szabó
Sous les lambris dorés, je cherche tes empreintes
En vain… Mutisme de la multitude…
Le vieux dans l’abribus soupire…
Une buée légère…
C’est à Kerepesi qu’il te faudra aller
Si tu veux lui parler…
Il ne répondra pas, il ne répond jamais…
Il dort depuis longtemps dans ce jardin fantasque
Au bord d’excentriques allées

Dans Buda
Les balcons crâneurs
Qui se penchent sur la rue
Ecoutent encore un temps les accords de Franz, et se tairont… Longtemps…
Le vieux dans l’abribus
Relis tes mots sculptés… Face au mutisme de la multitude
Attila József… Arpenteur du sensible.

Train des enfants grinçant sous le ciel de neige
Nez rouge et joues glacées.
L’ouest et décembre se sont envolés
Pour cette année, nous partirons d’ici…


Pascal9

http://leschroniquesduhoutland.hautetfort.com/


Note de Collectif
à propos du poète hongrois Attila Jözsef (1905 -1937)

"Un cœur pur renversé sous les rails de la vie"


Quelques extraits :

"Je ne veux qu'un lecteur pour mes poèmes :
Celui qui me connaît - celui qui m'aime -
Et, comme moi dans le vide voguant,
Voit l'avenir inscrit dans le présent.
Car lui seul a pu, toute patience,
Donner une forme humaine au silence"

***

"Seul peut devenir un homme, celui
qui est orphelin de coeur et de corps,
qui sait que la vie déposée en lui
est un simple supplément à la mort."

***

Ode

"je suis assis
sur ce mur de rochers qui luit.
Vole autour
le tendre vent de l’été juvénile
comme la chaleur d’une bonne soupe.
Je laisse mon cœur croître enivré dans le silence,
ce n’est pas si difficile,
-le passé flotte autour de moi-
la tête s’incline
et la main pend vers le bas.
Je contemple la crinière des montagnes,
chaque feuille reflète l’éclat
de ton front.
La route est vide, vide.
Maintenant je peux voir
comment le vent fait voleter ta jupe
sous les branches
fragiles de l’arbre.
je vois une boucle de tes cheveux
s’incliner vers l’avant
tes seins si doux frissonner
-comme le fleuve Szina sous nos pieds s’en va au loin-
A nouveau je vois fixement
comment les ondulations de l’eau en rondes de blancs galets
font sortir de ta bouche le rire de fée."

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commentaires ( 7 ) (Ajouter un commentaire)
Collectif le dimanche 15 avril 2007, à 09:55
A titre informatif et pour mieux situer ce poème : "Buda" est une ancienne ville de Hongrie située sur la colline du même nom, qui a formé avec l'ancienne "Pest", située sur l'autre rive du Danube, la ville de Budapest --- Le "Mont Janos" est le point culminant de Budapest (526 m) --- "Kerepesi" est un cimetière situé dans le centre de Budapest, abritant les tombes de grandes figures de l'histoire hongroise et de la révolution de 1956. --- "Ervin Szabo" (1877-1918) est un libertaire, théoricien du syndicalime, conservateur de la bibliothèque Municipale de Budapest.

Collectif le dimanche 15 avril 2007, à 10:05
Les 4 commentaires ci-dessous ont été récupérés (voir forum : "Us Welcome")

Marie (Battementsd'elle) le dimanche 15 avril 2007, à 10:06
Non seulement un poème d'une grande beauté et sensibilité, mais aussi une incitation à découvrir ce poète hongrois au "coeur pur" et au destin tragique ... Un double plaisir !

Réjane le dimanche 15 avril 2007, à 10:06
Une découverte totale, tant de l'auteur que du poète, et ton invitation à les découvrir est amplement justifiée, une belle écriture relatant un sujet tragique, difficile à traiter, un vrai talent. Merci pour ce partage.

Michel (Signes de Vie) le dimanche 15 avril 2007, à 10:07
Un vrai plaisir de te relire, Pascal, et puisque l'occasion se présente un p'tit tour sur ton site à la chasse aux trésors! ;) Amitié

Paulette le dimanche 15 avril 2007, à 10:08
J'ai beaucoup aimé; Amitiés; Paulette

doucevie le dimanche 15 avril 2007, à 10:53
que de plaisir de lire ce poème....un délice du matin ...cela me pousse à découvrir ce poète amitiés

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