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Angoisse
Le sable est triste et nu et sa surface grise
Où trop de plomb m'enchaîne, est mon seul horizon !
Le froid mord en ma chair et mon cerveau s'enlise,
L'azote dans mon sang bourdonne sa chanson !
Dans ce désert grisâtre où mon esprit s'efface,
Je venais faire quoi ?, ma foi, je ne sais plus !
Prélever Dieu sait quoi ? ou, avec quelle audace,
Poursuivre sottement quel projet incongru ?
Et je reste indécis, tournant vers la surface
Invisible, un oeil inquiet qui ne sait plus
Où rechercher la corde de mouillage, grâce
A quoi je pourrai monter vers mon salut !
Je la cherche, il le faut ! Les minutes fugaces
En bulles se défont, languir m'est défendu !
La voici ! et, soudain, voilà que fuit l'angoisse,
Belle ancre de bonheur, mon paradis perdu !
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