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Le long des quais
Les hommes d’affaires vont à leurs affaires.
Mais Jean Santoi cherche du travail,
Avec cent sous au fond de sa poche, le long des quais.
Les métros sont pleins de foule à craquer.
Dans les antichambres et les corridors
Il ya des courants d’air aux battants des portes,
Il y a des revues sur les tables basses
Devant des sièges à ressort.
- Nous regrettons Monsieur, mais une autre fois …
Jean Santoi s’en va les mains dans les poches
Pour n’être pas tenté de claquer la porte.
Les vieux messieurs vont aux Folies Bergères,
Jean Santoi lui cherche de l’amour,
Avec cent sous en poche, le long des quais.
Les bals sont pleins de foule à craquer.
Dans les couloirs et les corridors
Il ya des courants d’air aux battants des portes,
Il y a des verres pleins sur les tables basses
Devant des têtes de matamores.
- Nous regrettons Monsieur, mais une autre fois …
Jean Santoi s’en va les mains dans les poches
Pour n’être pas tenté de claquer la porte.
Ces messieurs dînent en ville.
Mais Jean Santoi cherche un bout de pain,
Sans plus un sou en poche, le long des quais.
Les asiles sont pleins de foule à craquer.
Dans les couloirs et les corridors
Il ya des courants d’air aux battants des portes,
Il y a des dormeurs sur les tables basses
Devant des visages au regard mort.
- Nous regrettons Monsieur, mais une autre fois …
Jean Santoi s’en va les mains dans les poches
Pour n’être pas tenté de claquer la porte.
Les beaux messieurs rentrent du spectacle
Mais Jean Santoi ne cherche plus rien,
De l’eau plein les poches, tout au long des quais,
Au fil du courant il s’en est allé.
Dans les couloirs et les corridors
Vous êtes priés de fermer les portes.
Il y a des pêcheurs sur les barques basses,
Devant Notre Dame du mauvais sort.
Jean Santoi sort les mains des poches,
Pour quitter la vie en claquant la porte.
Auteur : Raymond Bergerot
Poèmes extraits du Livre de poèmes « Pluriels »
publié aux éditions AZedition
en collaboration avec Roland Vidal
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