Collectif

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Occitanie (Roger)

le jeudi 19 avril 2007, à 16:19. Posté par COLLECTIF (auteur : Roger)


Occitanie



J’ai vu la ville en pleurs se noyer dans tes yeux,
S’allument les bûchers nous resterons de marbre
Sorcière vous savez ce que vivent les arbres
Ils vous ont dit démons mais que valait leur Dieu ?

Mon Oc se meurt ici aux frontières du schisme
A ces nymphes vouées au culte à la nature
Là où vous bâtissiez un monde de culture
Quand partout s’abattait peur et obscurantisme.

Le roi Philippe Auguste pour tout raffinement
Savait juste signer les traités de son nom
Quand le comte de Foix et le roi d’Aragon
Correspondaient en vers tout naturellement.

Champs de blés déroulant vos chevelures blondes
Silencieux guettant l’orage en la fournaise
D’un juillet revenu en terre Lauraguaise
Sous un chant moissonneur aussi vieux que le monde.

Quand Toulouse à l’amour du beau se consacrait,
Ses consuls capitouls, peuple, aristocratie,
Inventaient l’avenir et la démocratie
Montfort et Innocent et Arnaud massacraient.

Mes vignes au soleil, terroir réconcilié
Saignantes sang et or aux couchants de l’automne
Lourdes de noirs raisins que les grives gloutonnes
Picorent à s’en saouler jusqu’en bout d’espalier.

O mon pays meurtri, fleur de ces temps anciens,
Sous les murs de Béziers où mon cœur reste en rade,
Est il vrai qu’ils sont là les morts de la croisade
A attendre que Dieu reconnaisse les siens ?

Mes souvenirs trempés dans ton eau de javel
Blanchissent oh fidèle et fière Carcassonne
Au fond de ce cachot où encore résonne
Le cri désespéré du sire Trencavel.

Je sais que parmi vous qui mouriez dans les fers
Il en était certains qui pensaient seulement
Les autres sont en droit et de croire autrement
Et de vivre cela car l’inverse est l’enfer.

Là où le monde allait sans souci des clivages
Où naître arabe ou juif, noir de peau ou bien blême
Où être différent ne posait pas problème
Ils sont venus porter le fer du moyen âge.

Là où chacun vivait sa propre religion
Ou bien n’en vivait pas, athées avant la lettre,
Là où la règle était d’être son propre maître,
Ils sont venus porter le feu d’inquisition.

Il n’existe plus d’hier ma belle que rancoeurs,
Va nous irons plus loin que la voie des parfaits
Il n’est pas de limite à ce monde défait
Entends chanter la vie tout au fond de nos coeurs.

(le 31/10/2006)

Roger

***


L'aventure


Je pose ces fleurs à vos pieds
Du bouquet de ma propre vie.
Ma mémoire photocopiée,
Comme un long rêve inassouvi
Voyage aux avions de papier…

…Il était sous des chênes-liège
Ignorants du monde et du temps
Et de toutes sortes de pièges
Des marginaux et des gitans
Dans une boucle de l’Ariège.

Nous y allions, le soir venu
Au moment où les couleurs changent,
Ils fumaient un truc inconnu
Un fort tabac au goût étrange,
Qui vous propulsait jusqu’aux nues.

Et dans la nuit et sans apprêts
Nous arpégions des airs troublants
Etendus dans l’herbe du pré,
Allwright, Brassens et Bob Dylan
Sur nos guitares d’à peu près.

L’amour c’était l’universel
Couvert aux mélopées tziganes
La non violence en un missel
Comme un balancement de liane
Et un goût de poivre et de sel.

Nous revenions en nos maisons,
Au petit jour, l’âme captive,
Nos sens plus forts que nos raisons
Nos dix huit ans à la dérive
Et nos discours bien de saison.

Il fut un jour une Isabelle,
Qui, jusque chez moi, me suivit,
Un peu moins femme que gazelle
Obsédante comme une envie,
Aussi noire qu’elle était belle.

De sa bouche aux épais vermeils
Naissait une soif du péché
Et sur son corps d’ombre et soleil
Ses seins qui trônaient haut perchés…
Me tinrent longtemps en éveil.

J’étais alors assez docile
Et plus qu’enclin au sentiment
Epanouies ou bien graciles
Toutes formes sur le moment,
Au ciel me conduisaient facile.

La nuit, dit- on, porte conseil
Mais quelle étrange conseillère
Quand je glissai dans le sommeil
S’évapora mon éphémère
Telle une éclipse à mon réveil.

La vie est faite d’imprévus,
De Bastilles que l’on n’assiège
Et comme j’avais courte vue
Ces temps là sur les bords d’Ariège,
Je ne l’ai plus jamais revue.

Mais j’aurais fait tant de détours
D’itinéraires et d’errances,
J’aurais tant vécu de contours
Avec elle, sans assurance,
Pour un voyage aller retour.

Etais-tu reine ou midinette,
Ma volcanique de minuit
Ma circadienne devinette
Qui transforma pour une nuit
En opéra, ma chansonnette

Midrisia, Dianette ou Zoël
Ah ma black Cendrillon enfuie,
Tu me fis d’août, un beau noël…


Roger




Note de Collectif :

Ce poème de Roger étant régulièrement visé par les "spameurs", nous le déplaçons volontairement.

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
Collectif le jeudi 19 avril 2007, à 16:22
Les 4 commentaires ci-dessous ont été récupérés.

Marie (Battementsd'elle) le jeudi 19 avril 2007, à 16:23
Un bien bel écrit sur cette terre occitane, thêatre à son époque de tant d'intolérance et d'injustices, au travers d'une inquisition "sauvage" !

Taj le jeudi 19 avril 2007, à 16:23
Un beau poème, il y a de l'Histoire! Fonds et forme, ces vers sont très beaux! Mes amitiés à tous les poètes!

Michel (Signes de Vie) le jeudi 19 avril 2007, à 16:24
Un grand bravo, Roger, et que ton amour du pays d'Oc demeure... Amitié

Paulette le jeudi 19 avril 2007, à 16:24
Bravo , très beau poème. Amitiés;paulette

Marie (Battementsd'elle) le vendredi 27 avril 2007, à 12:17
Jolis souvenirs ! Une rencontre "éphémère" et pourtant visiblement inoubliable ;-)). Merci Roger. Marie.

CT 570 le vendredi 27 avril 2007, à 12:18
Un tendre souvenir, il y a des rencontres qui marquent à jamais notre esprit. Bravo pour tes mots. Amitié Catherine

Michel (Signes de Vie) le vendredi 27 avril 2007, à 12:18
Midrisia, Dianette ou Zoël ? Amitié pour toi, Roger

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet