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J'entends des cris, au loin... Un homme s'est penché
Et sur mes traits figés, de son regard humide
Une larme a coulé jusqu'au sol empourpré
Pareille à celle qui brillait dans mes yeux vides
J'ai peur de tout, de rien, j'ai mal sans savoir où
Et je vois des lumières, et j'entends des sanglots,
Je ne me souviens pas... où vraiment pas beaucoup
Une lumière, des phares, un bruit sourd, un accroc...
Cet homme me regarde ; que fait maman ici?
En silence elle pleure. Ne dis rien... j'ai compris
C'est moi qui part, maintenant, je m'en vais aujourd'hui
Cette brève soirée va m'emporter ma vie
Je pense à toi, à toi... Mon amour et ma vie
Et toutes ces images traversent mon esprit
Ton visage en moi devient de plus en plus flou
J'ai si peur de te perdre… mais oui, regarde nous…
Regarde moi, ici, gisant sur le bitume
Pour un soir avec toi, sans avoir vu les heures
Pour une nuit si belle, sous une pleine lune,
Pour phare abîmé, un crétin en scooter.
Que diras-tu, à l’aube, quand on t’annoncera
Qu’en te quittant hier, pour la dernière fois
Tu m’as vue m’éloigner, d’un signe de la main
Sans te douter que je finirais mon chemin.
Viendras-tu, ce dimanche, pour un dernier adieu?
Voir ce prêtre clamer que c’était mon destin
Sous les pommiers en fleurs, m’enterrer sous tes yeux,
Me cacher à jamais la lueur du matin.
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