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« A croiser le hasard, je me méfie de son rire ! »
Le Vénérable
Morsures.
Accroché aux bords d’un ruisseau,
Une photo perdue, au fil d’un désespoir,
Attendait frileusement, qu’une onde
L’emmène vers d’autres mondes.
Qu’est devenu ce sourire si beau ?
A-t-il trouvé un autre rêve, un autre espoir ?
Un long voyage, ou les larmes se confondent,
L’oubli tient à une branche morte
Sur les rives d’un court d’eau,
Ou un « je t’aime » griffonné,
Délavé par le temps, n’ose pas disparaître.
La retenir de la sorte,
Comme survivre, mais ne jamais renaître.
Fragile image d’un hier pressé,
De n’être, désormais qu’un souvenir,
Que l’on visite, en vestiges d’avenir.
Etrange vaisseau, glissant sans bruit.
Le hasard et le vent t’ont, ainsi, séduit.
Dans la brume, tu t’enfonces,
A moins que tu ne renonçes ?
Au trépas de tes couleurs de papier,
Seul le silence est convier.
C’est un visage mourrant,
Dans un reflet de ciel innocent.
J’ai froid, soudain !
Quelques bouts de feuillet,
Semés sur un chemin de pierres.
Quelques mots éparpillés,
Aux vents des ombres guerrières.
Consonnes abîmées et voyelles orphelines,
Abandonnées, déchirées au pied d’une glycine.
Elles étaient, hier lettres d’amant,
Faites de tendresse et de tant de serments.
Elles étaient, hier un cœur meurtri,
A la pensée de perdre son regard.
Mais, il se moque le hasard,
Brise l’étreinte et en rit.
Quand , à coups de morsures,
Se forgent nos mémoires,
Le livre de nos histoires,
N’est qu’une addition de blessures.
C’est une rime malmenée,
Offerte au vent de la destinée.
Je pleure, soudain !
Vincent
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