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Difficile de savoir où sont mes vrais amis,
Moins difficile de voir là où ils ne sont pas.
Amitié de passage, amitié de toujours,
Clair de lune qui éclaire au milieu de la nuit,
Regard illuminé au son d’un bruit de pas,
Amitié de partage, succédané d’amour.
Je garde au fond de moi pour les instants rebelles
Le souvenir du temps où nous étions amis,
Négligeant le réel au profit du virtuel,
Je cueillerai pour eux des bouquets d’asphodèles,
Pourvu que l’ironie de ma mélancolie
Ne vienne pas faire taire cette voix qui m’appelle.
J’ai si souvent écrit pour vous mes grands amis,
Sans jamais vous faire lire ce que vous m’inspirez,
Jardin secret caché dans un coin de mon cœur,
Vous ne saurez jamais qu’au péril de ma vie
Je vous ai tant aimés, au point de le crier :
L’amitié de ma vie restera le moteur.
On ne m’a pas appris à dompter la douleur
Quand un ami s’en va, salissant le passé,
Laissant à l’illusoire dans la bouche le goût
De l’amertume salée et le noir de la peur.
Je vous cherche toujours, et encore, et partout,
Mes soi-disant amis, au fait, où êtes vous ??
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DÉLIRES VERSIFIÉS
A trop compter les pieds, j'ai perdu tous mes doigts,
Riez, alexandrins, vous n'aurez point de moi
La logique qui veut qu'au delà de dix doigts
Je m'emmêle les pieds pour des rimes à la noix
Pour cent cinquante pages accordez moi le droit
D'une entorse à la règle et que pour une fois
Un délire versifié s'épanche de mes doigts
Sur un pauvre clavier qui, ce soir, reste coi
Une plume à la main, il n'en est point question,
Pour des pattes de mouches, se crêper le chignon,
Quand mon vieil azerty décline la leçon,
Pour jeter aux orties tous ces mots moribonds
Délires versifiés, ou bien vers en délire,
Sans présent, sans passé, et sans plus d'avenir,
Il eût fallu bien peu pour qu'alors je déchire
Cette page insensée avant que je n'expire.
Mais je la garderai pour la postérité,
Pour que mes descendant disent "ah si vous saviez
A quel point certains soirs elle pouvait délirer",
Peut-être à ce moment vous ferai-je pitié.
Elle n'a pas plus de poids, ni plus belles images,
Elle est bien mieux que ça : cent cinquantième page,
Et je la garderai, un peu comme un otage,
Une raison de plus de me mettre à l'ouvrage.
Réjane
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=rejane
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