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La coque abandonnée
Dans un coin isolé du petit estuaire,
Sommeille un vieux thonier, tout au bord du chenal
L'étambot enfoncé au creux de la vasière,
Désarmé et vidé jusqu'au moindre fanal...
A basse mer, le jas de l'ancre sort du sable
Et la chaîne festonne de goémon vert.
Il gîte sur tribord et sa quille s'ensable,
Mais il semble revivre à chaque pleine mer.
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Il rêve que la pêche est bonne et qu'il travaille
Sur les frontières des courants du Sénégal,
Que les lignes à thons découpent des entailles
Dans sa lisse, sous le grand soleil tropical.
Et chaque jour, alors que le port se réveille
Sans penser que la rouille à soudé son moteur
Il se dit que, demain, c'est sur, il appareille,
Oubliant les tarets qui lui rongent le coeur.
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