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Hyperbole
Le vide pour effroi, d'un rêve énamouré,
Le besoin de paraître épouse des chimères,
Tout le long du chemin, par la mort apeuré,
Famélique l'esprit se nourrit d'éphémères...
A quoi bon le désir d'exister autrement,
A quoi bon quémander le plaisir élitaire,
Tout espoir est douleur, qu'étranger sentiment,
C'est un autre il te ment et te rend solitaire...
A quoi bon définir, conjuguer l'imparfait,
Le verbe être au futur, aujourd'hui s'éternise,
L'avenir est présent, le regret contrefait,
D'oublier le moment, l'existant agonise...
Apocryphe est le temps, tout demeure constant,
Chaque chose s'épand paraissant en osmose,
Tout s'éteint, tout renaît, tout s'unit dans l'instant,
Seul le regard humain en perçoit l'ecchymose...
Tout juste éclos déjà, s'enfuit l'étonnement,
De désir en désir s'énonce le caprice,
A peine argumenté qu'il parait inclément,
Illussoire la quête en accroît la matrice...
Encore ! Dit l'ego, sa raison pour autel,
Epoumoné, le coeur objecte je m'essouffle,
Laisse moi respirer tu n'es pas immortel,
Frivole sans répit, ton orgueil te boursoufle...
De la vie oubliant l'ineffable cadeau,
Exigeant toujours plus, déclamant ta démence,
De la soif, constamment, tu portes le fardeau,
Adossée au chagrin, tu corromps la semence...
***
Constance
Guernica mon Enfant, sans remord les oiseaux
Découpent l'horizon à grands coups de ciseaux,
Manhattan est en sang, l'Amérique est en larmes,
Le verbe est orphelin quand mugissent les armes...
Oradour mon Amour, le funeste taureau
Réveille la douleur du sinistre carreau,
Revoici l'infamie ! Un souvenir posthume
Emporte vers Madrid son wagon d'amertume...
Jérusalem ma Mie, en ton sein tourmenté
Des étoiles de sang se fanent sans beauté,
D'un effroi, l'araignée en ton coeur s'éternise,
Sous le joug du canon ton espoir agonise...
De Kaboul à Groznyi fleurissent des ghettos,
L'intolérance émoud de tragiques couteaux,
Egoiste l'esprit instaure la censure,
L'étau du cauchemar évase la césure...
Le factum du goulag, le faubourg de l'horreur
S'échappe des recueils, victimes de l'erreur,
Sur le fil du hasard un martyr se balance,
Le cri de l'innocent épaissit le silence...
Des sanglots du pendu, de l'enfant sans tombeau,
Du calvaire des camps, du sinistre flambeau,
D'Igor et de Lévy..., fantômes de l'histoire,
Ma pauvre Anne, pardon ! le monde est sans mémoire...
Fraternité ma Soeur, le souffle du démon
Ensevelit ta chair dans l'aven sans limon,
Le garrot des terreurs alourdit la contrainte
Et..., l'homme de ton nom édulcore l'empreinte...
Philippe Lemoine
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