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Ce soir la mort a frappé à ma porte.
Entre ma belle… Entre il fait déjà si froid.
Il fait déjà si mal, qu’on a brisé ma joie
Je n’ai guère de force. Il faut que tu m’en sortes.
Le temps est loin, où j’espérais demain.
Entre ma belle… Entre il fait déjà si tard.
Il fait déjà si peur, qu’on a brisé l’espoir.
Je n’ai guère d’esprit. Il faut savoir la fin.
Ce soir l’amour a oublié mon cœur.
Entre ma belle … Entre il fait déjà si noir.
Il fait déjà si laid, j’ai brisé le miroir.
Je n’ai guère de temps. Il faut que sonne l’heure.
Ce soir à l’ombre de toute apparence.
Entre ma belle …. Entre il fait déjà langueur.
Il fait déjà trop sombre, La vie n’est que froideur.
Je n’ai guère de raison. Il faut tuer l’offense.
***
Oraison
Plénitude, plénitude,
Abandon en mon coeur
Je t’implore, te conjure
D’être un peu plus docile.
Ne sais-tu la lourdeur
Des torpeurs qui s’étirent
Jusque dans les silences ?
Ne vois-tu le supplice
Des errances qui meurent
Tout près des sacrifices ?
Le soleil endeuillé
De ses aubes de miel
Ne sait plus réchauffer
L’ombre de mes espoirs
Ils s’égarent, ils se perdent
Se cognant à la lune
Le soir…
Bien tard, trop tard.
Plénitude, plénitude,
Tu effleuras mon âme
De tes couleurs joyaux !
Tu portas mes regards
A l’orée des possibles !
Mes mains s’apprivoisèrent
A caresser la vie
Oubli des solitudes
Et je me regardais
Au miroir de leurs yeux !
J’appris à être moi
Au reflet de leur être
Leurs regards étaient miens
Et je m’y reposais
Mais aux brumes du temps
Parfois l’homme s’égare….
Malhabile des maux
Le miroir se fissure
Les brisures déforment
L’image auréolée.
Assise je contemple
Les morceaux du passé
Je me pique le coeur
Au reflet disgracié.
Il suffirait pourtant
De petites clartés
De quelques mots douceurs
Du miroir recollé
Aux sèves des prunelles
Adoucies tendrement
Qui effleurent
Mon vide désespoir
Plonger quelque bonté
Au profond de l’esprit
Plénitude, plénitude,
La fenêtre est fermée
Et l’ombre s’approprie
Le pourquoi de ma vie
Le revers du miroir
Est d’un noir endurci
Au palais déformant
Des quiétudes labyrinthes
Je ne suis !
Évincée me voici
Corps et âme inaudibles
A leurs simples intervalles
Leur coeur est barbelé
Leur vis-à-vis privé
Et leurs yeux se clôturent
Leur chaleur s’engourdit
Ils m’effacent insensibles
A l’ondée de mes mots !
© - Lyne C -
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